Patrick EVENO, Directeur de CITIA, organisateur du Festival International du Film d’Animation d’Annecy et du MIFA

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Chaque année, le Festival International du Film d’Animation d’Annecy (13-18 juin) et son Marché International (15-17 juin) traduisent la santé du secteur de l’animation. Rencontre avec Patrick EVENO, Directeur de CITIA, organisateur du Festival International du Film d’Animation d’Annecy et du MIFA.

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A l’approche du Festival d’Annecy, la vitalité de l’animation est-elle encore à prouver ?

Patrick EVENO

L’animation se porte bien au niveau mondial. Les événements comme les nôtres en sont le témoignage. La diversité des films et des publics est encourageante. Alors que la filière animation bénéficiera en France de la réforme du soutien et du renforcement du crédit d’impôt, le genre est rentré, l’an dernier, dans un cycle plus dynamique de production. Quant au Festival d’Annecy, plus de 8.000 accrédités sont attendus du 13 au 18 juin. L’année dernière, nous avions enregistré + 17% de croissance. Le budget de CITIA (Cité de l’image en mouvement) est de 4,5 M€. L’organisation de Festival et du Marché coûte près de 3 M€. Le Festival a reçu un nombre record d’inscriptions pour la sélection officielle : environ 2.700 films inscrits (contre 2.606 en 2015) provenant de 85 pays. Plus de 390 heures de visionnage ont été nécessaires pour sélectionner les 236 films dans la compétition officielle.

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Quels enjeux avez-vous repérés dans la filière de l’animation ?

Patrick EVENO

Les conférences «business» que nous organisons au Marché International des Films d’Animation d’Annecy (MIFA) portent sur la diffusion/distribution. Ce sujet cristallise un certain nombre de questions. Depuis cet automne, le milieu professionnel se pose des questions sur l’avenir des longs métrages d’animation, notamment en 2D. Les difficultés rencontrées ont un peu terni la dynamique créée il y a longtemps avec «Kirikou» et qui n’avait cessé de croître. Nous traversons une période de mutation assez profonde qui n’affecte pas le volume de production, ni la qualité des œuvres ou sa  diversité, mais elle doit amener un certain nombre de professionnels à réfléchir. Le secteur audiovisuel est impacté par de nouveaux usages et de nouveaux acteurs. Il est encore un peu tôt pour discerner, par exemple, les politiques d’investissement de Netflix et d’Amazon et leur rapport aux différents territoires.

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Quels sont les moments forts à prévoir autour du Festival d’Annecy ?

Patrick EVENO

Cette année, nous allons porter un regard sur l’animation française. La concurrence est assez rude mais les perspectives internationales sont plus vastes. A l’étranger, l’attrait de la France est important. Notre ton s’est fortement établi. Le système d’encadrement et d’accompagnement s’est remis au niveau de certains territoires. Parmi les autres points forts, les avant-premières de «La tortue rouge», «Ma vie de courgette», «Louise en hiver» ou encore «Le monde de Dory». Lors des rencontres, nous avons la chance d’accueillir le producteur Guillermo Del Toro qui viendra discuter de sa production «Trollhunters» (DreamWorks) pour Netflix.

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Pouvez-vous nous parler du «Work in Progress» que vous mettez en place ?

Patrick EVENO

Parmi  les  événements  de  cette  édition  2016,  nous créons un nouveau format de rencontres : les «Work in Progress» (WIP TV) dédiés aux séries TV, déclinaison des WIP Feature consacrés aux longs métrages. L’objectif est d’échanger autour de  séries  en  cours  de  production.  Quatre  sessions  se tiendront pour permettre de tout savoir sur les étapes créatives d’un projet de série animée. Autre temps fort : le prix de la personnalité de l’année qui sera remis le mercredi 15 juin aux Britanniques Peter Lord et David Sproxton, fondateurs des studios Aardman Animations («Wallace and Gromit», «Shaun le  mouton»,…).