Presse magazine: un secteur peut être en «déclin», mais des lueurs d’espoir

    184

    Les spécialistes de la presse magazine estiment que le secteur pourrait être entré dans une période de «déclin» en France face à la concurrence grandissante d’Internet, mais jugent qu’il existe encore des perspectives de développement sur le marché national ou à l’extérieur. «La presse magazine en France est au mieux arrivée en maturité, au pire en déclin», a averti Patrick Le Floch, directeur du master management de la presse écrite de Sciences Po Rennes, lors d’un débat organisé mardi à l’occasion de la semaine de la presse magazine. «L’écrit n’a plus véritablement la même attractivité pour les investisseurs que par le passé où il était le média dominant», a renchéri son confrère Jean-Clément Texier, président de la Compagnie financière de communication. Depuis plusieurs années, le secteur est confronté à une baisse de sa diffusion (-0,29% en 2007 selon l’OJD) et à la concurrence d’Internet, qui rafle une partie grandissante des recettes publicitaires. Pour les groupes de presse magazine, il est donc indispensable de trouver de «nouvelles sources de financement sur Internet, à partir d’agrégation de sites qui proposeront des services», a souligné M. Le Floch. «Si on n’est pas présent sur le numérique, on se coupe des gens. La question n’est plus de savoir s’il faut aller sur Internet, mais comment», a confirmé le P.-D.G. de Prisma Presse, Fabrice Boé. Mais malgré les concentrations qui ont eu lieu dans la presse magazine, «la taille critique de nombreux groupes reste insuffisante pour financer les investissements nécessaires sur Internet» alors que de nouveaux acteurs apparaissent sur le secteur des médias (Orange, Microsoft, Google…) et que le prix des sites Internet flambe, selon M. Texier. Le marché de la presse française, en stagnation, ne représente que 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel, dont 6 milliards d’euros pour les magazines, a-t-il indiqué. A titre de comparaison, BNP Paribas réalise à elle seule un chiffre d’affaires annuel de 30 milliards d’euros. Dans ce contexte difficile, les spécialistes voient pourtant des perspectives d’avenir pour la presse magazine. Pour M. Texier, les groupes français doivent notamment développer leurs journaux et leur marques à l’étranger. «Le papier a encore de belles années devant lui, en particulier sur les marchés où la presse magazine n’est pas encore arrivée à maturité: Chine, Inde et ex-pays de l’Est», a-t-il dit.