R. de FRESSENEL (OHO Live) : «Nous ambitionnons de révolutionner l’expérience de la téléréalité»

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Un nouvel acteur dans le streaming. OHO, la nouvelle plateforme digitale interactive veut casser les codes de la téléréalité avec le lancement de son premier programme «We Are Open» le 1er février. Cette nouvelle app de streaming interactive donne le pouvoir aux viewers et leur offre même la possibilité de basculer de l’autre côté de l’écran. Diffusé en live sur leur smartphone, ce programme inédit a l’intention de faire parler de lui. Rencontre avec Ronan de FRESSENEL, Co-fondateur et directeur général de OHO Live.

A travers votre nouvelle application de streaming, quelle est votre ambition ?

Nous ambitionnons de révolutionner l’expérience de la téléréalité en introduisant un concept unique qui va au-delà de tout ce qui a été réalisé jusqu’à présent. Notre projet, OHO, combine la diffusion en direct, le replay, ainsi que des opportunités interactives pour les spectateurs. Ces derniers pourront influencer le déroulement du programme en temps réel via notre app. Nous débutons avec un premier format de téléréalité avant d’élargir notre offre à diverses thématiques (émissions musicales, culinaires par exemple). Notre cible principale est la jeune génération, celle qui a grandi à l’ère du numérique.

Comment OHO Live se distingue-t-elle des autres plateformes de streaming en termes d’innovation et d’interactivité ?

Il y a quatre points de différenciations. Premièrement, nous proposons une diffusion en direct tous les jours, de 16 heures du matin à minuit pour commencer. Deuxièmement, notre plateforme offre des expériences interactives authentiques à travers l’application, avec divers niveaux d’interaction tels que les votes, les suggestions, les commentaires et les chats, ayant un impact immédiat ou différé sur le déroulement du jeu. Troisièmement, les utilisateurs ont la possibilité de postuler pour rejoindre la téléréalité, créant ainsi un format plus réel, sans censure ni confinement. Même si les participants vivent dans la maison, ils pourront également sortir, avoir des rendez-vous et utiliser des téléphones connectés à notre régie. Enfin, notre plateforme est entièrement gratuite, ce qui la rend accessible à tous.

Quel est le modèle économique d’OHO Live ?

Notre modèle principal repose sur l’AVOD. Il y aura des publicités intégrées tant dans le flux en direct que dans les vidéos en replay.

Et côté budget ? 

Concernant la création et le lancement d’OHO, cela nous a coûté 3 M€. Nous avons bénéficié du soutien d’un groupe d’actionnaires très sensibles aux secteurs des médias et de la technologie.

Comment gérez-vous les contenus sensibles ou controversés qui peuvent survenir dans une émission en direct axée sur des sujets réels comme l’amour, le sexe et les relations personnelles ?

Notre objectif est d’offrir une expérience authentique, avec une liberté de ton et d’expression. Nous ne cherchons pas à censurer mais avons mis en place des mesures de protection, notamment un délai de diffusion de 20 secondes. Ce délai nous permet de réagir en temps réel si nécessaire. De plus, nous avons développé un système de floutage pour éviter de montrer des images choquantes ou inappropriées. Toutefois, nous maintenons une certaine liberté d’expression crue dans nos diffusions en direct. Il est essentiel que la nouvelle génération de participants puisse s’exprimer librement et authentiquement. Nous mettons en avant des profils atypiques, ceux qui ne se retrouvent généralement pas à la télévision, soit parce qu’ils sont moins consensuels, soit parce qu’ils ne correspondent pas aux critères habituels des émissions télévisées.

Quels sont les principaux défis techniques et logistiques à surmonter pour gérer une émission en direct et interactive comme «We Are Open» ?

Le défi est d’abord technologique : créer une app avec du streaming avec beaucoup de gens qui se connectent simultanément. Nous avons consacré plus d’un an au développement de cette application et de sa plateforme web. La réalisation de ce projet a été rendu possible grâce à la collaboration entre nos équipes de développeurs technologiques, de rédaction et de production. Nous avons eu l’avantage de démarrer d’une feuille blanche. Un autre défi concerne la technologie de production, avec une régie vidéo qui intègre des systèmes à la fois nouveaux et digitaux. Enfin, il y a le challenge du direct, qui consiste à faire fonctionner efficacement toutes ces composantes dans un lieu unique à Paris.

Vous visez un public français ?

Effectivement, notre stratégie initiale se concentre sur la France. L’idée est de bien caler le modèle pour ensuite le déployer sur d’autres thématiques, puis de l’étendre dans d’autres pays comme l’Angleterre, l’Allemagne…

Dernier objectif, vous faire connaître ?

Oui, il y a un enjeu marketing extrêmement fort pour construire notre distribution. À partir du 1er février, il faudra effectivement télécharger l’app pour bénéficier du contenu. Autre enjeu, faire revenir les spectateurs régulièrement. Le genre téléréalité, qui a un schéma narratif quotidien est un bon type de programme pour cette plateforme. Tous les trois mois, nous aurons une nouvelle thématique et une nouvelle histoire qui va prendre le relai.