Radio France: trois «réussites majeures» et de gros chantiers en vue, selon l’Arcom

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Audiences record, «plateformisation» et démocratisation de la culture sont les trois «réussites majeures» de Radio France entre 2018 et 2021, selon le régulateur de l’audiovisuel, qui invite à plus de coopération avec le reste de l’audiovisuel public, notamment France Télévisions.

L’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle (Arcom) a publié fin juillet son «avis motivé sur les résultats» de Radio France sur la période 2018-2021. Cette publication amorce le lancement d’une nouveau processus de nomination à la tête de la radio publique, le mandat de l’actuelle présidente Sibyle Veil s’achevant cette année.

Le régulateur relève «trois réussites majeures» de Radio France sur la période, et en premier lieu, son «succès d’audience», amorcé dès la saison 2017/2018, qui lui confère le titre de premier groupe radiophonique dans un contexte de «recul persistant» de l’écoute du média radio. «Radio France est parvenue en 2021 à installer trois de ses radios parmi les dix stations ayant la plus forte part d’audience», France Inter s’affichant depuis 2020 comme la radio la plus écoutée de France, souligne l’Arcom. A

utre point fort: «la démocratisation de la culture, particulièrement pour les jeunes publics» avec une implication «exemplaire» du groupe, salue le régulateur. Radio France a aussi réussi à faire évoluer sa stratégie numérique pour répondre à l’évolution des usages, près de la moitié de la consommation d’audio s’effectuant désormais par internet, ajoute-t-il. Radio France a ainsi noué des accords avec les géants du streaming pour reprendre le contrôle de la distribution de ses contenus et les regrouper sur ses propres plateformes et applications gratuites. Concernant les futurs chantiers pour la radio publique, le régulateur invite à une meilleure collaboration avec l’audiovisuel public, particulièrement France Télévisions.

Mentionnant le succès du média d’information franceinfo, tant côté radio que numérique, et celui de la plateforme éducative Lumni, qui compile des contenus venus de tout l’audiovisuel public, le régulateur juge toutefois «insuffisant» le bilan des partenariats avec France Télévisions en matière d’information régionale.

Si le déploiement des diffusions simultanées des matinales de France Bleu sur France 3 a été partiellement réalisé, «Ici» l’application mobile commune aux deux médias «se limite pour l’instant à une compilation des contenus produits par les deux médias régionaux» et «sans projet éditorial partagé», estime l’autorité. Enfin relevant «l’érosion» des audiences de France Bleu «depuis plusieurs années», celle-ci juge que «la richesse de ce réseau indispensable à la mission de proximité du groupe doit être davantage exploitée et nécessite une réflexion stratégique».