Secret des sources: le journaliste Philippe Miller saisit la Cour européenne des droits de l’Homme contre la France

Secret des sources: le journaliste Philippe Miller saisit la Cour européenne des droits de l’Homme contre la France

Le journaliste français Philippe Miller, dont les notes, l’ordinateur et le téléphone avaient été saisis en 2024, a déposé une requête devant la Cour européenne des droits de l’Homme contre la France, ont annoncé lundi ses avocats.

  1. Miller dénonce une atteinte grave au secret des sources et espère faire condamner la France pour violation de ses droits à la liberté d’expression et à un recours effectif.

Pour ses avocats, Me Pierre-Eugène Burghardt et Me Blandine Gentil, «protéger le secret des sources, ce n’est pas défendre le privilège d’une profession mais préserver une garantie fondamentale pour tous les citoyens».

Fin 2024, Philippe Miller, titulaire d’une carte de presse et officiant pour un site internet, Warning Trading, spécialisé dans «l’information sur les arnaques financières», avait été arrêté par la police dans un restaurant parisien en compagnie d’une femme, soupçonnée d’être sa source.

Les enquêteurs la suspectaient d’avoir volé des données au cabinet Ziegler, où elle avait fait un stage.

Le cabinet est à couteaux tirés avec Warning Trading, qui dénonce ses pratiques et a depuis obtenu sa condamnation pour dénigrement devant le tribunal de commerce. A l’époque, la jeune femme avait été mise en examen, mais le journaliste, lui, était ressorti libre de garde à vue.

Il demande depuis la restitution de ses notes, de son ordinateur et de son téléphone portable, saisis à cette occasion.

Après s’être penchée sur cette affaire, la Cour de cassation a affirmé dans un arrêt rendu en mars 2026 que la protection des sources s’appliquait hors de la rédaction ou du domicile des journalistes.

Mais pour les avocats de M. Miller, cet arrêt était en «demi-teinte» car le journaliste n’a jamais récupéré le matériel saisi.

«Je souhaite que la procédure que nous lançons contribue à inscrire à terme un vrai droit au secret des sources des journalistes, qui ne soit pas un vague code de bonne conduite molle mais de vraies garanties juridiques assorties de sanctions procédurales fortes», estime Philippe Miller cité dans le communiqué de presse de ses avocats.

Sa requête devant la Cour européenne des droits de l’Homme est déposée avec le soutien du Fonds Ripostes, créé par le Fonds pour une presse libre en partenariat avec Media Defence.

Aucun article à afficher