Stéphanie LEBRUN (Babel Doc) : «Plus l’intelligence artificielle progresse, plus le besoin de raconter le réel devient précieux»

Stéphanie LEBRUN (Babel Doc) : «Plus l’intelligence artificielle progresse, plus le besoin de raconter le réel devient précieux»
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Le mardi 23 juin 2026, France 5 diffusera le documentaire «Si j’étais… Sage-femme» (Babel Doc / Together Média). L’occasion pour media+ d’évoquer les conditions de tournages et les projets en cours avec Stéphanie LEBRUN, Cofondatrice et dirigeante de Babel Doc.

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Comment est né le documentaire «Si j’étais… Sage-femme» pour France 5 ?

Stéphanie LEBRUN

Ce projet est né d’une envie très simple : montrer comment un moment universel, la naissance, se vit différemment selon les pays et les cultures. C’est un sujet qui résume parfaitement l’ADN de Babel Doc, tourné vers l’international et les documentaires profondément humains. Nous aimons raconter le réel à travers celles et ceux qui le vivent, plutôt qu’à travers des experts en surplomb. Le film porte aussi une dimension engagée.

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L’émotion est très présente dans le film …

Stéphanie LEBRUN

Oui, c’était essentiel pour nous. Nous voulions un documentaire incarné, où le spectateur puisse vivre l’expérience de l’intérieur. Sidonie Bonnec s’est imposée naturellement : elle a ce regard de journaliste de terrain, très impliqué, sans jamais être intrusive. Le tournage a été particulièrement exigeant, avec une équipe réduite et des conditions très différentes selon les pays. C’est aussi ce qui fait la force du documentaire : rien n’est reconstitué, tout est vécu sur le terrain. Comme on dit dans le documentaire anglo-saxon : «show, don’t tell !»

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Quels souvenirs gardez-vous du tournage ?

Stéphanie LEBRUN

Les tournages se sont déroulés entre octobre 2025 et janvier 2026, avec un énorme travail de préparation en amont pour obtenir les autorisations, trouver les personnages et créer la confiance nécessaire sur le terrain. Au Guatemala, par exemple, il fallait travailler avec des traducteurs parlant le k’iche’, un dialecte local.

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Ce concept pourrait-il devenir une collection documentaire «Si j’étais…» autour d’autres métiers essentiels ?

Stéphanie LEBRUN

On en a très envie, oui. Ce format permet de raconter le monde à travers des métiers profondément humains et utiles à la société. Tout dépendra évidemment de l’accueil du public, mais les premiers retours sont très encourageants. Si le film trouve son audience, nous réfléchirons avec plaisir à d’autres professions essentielles à explorer de cette manière.

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Sur quels autres projets travaillez-vous actuellement chez Babel Doc ?

Stéphanie LEBRUN

Nous coproduisons notamment «La Fabrique du Mensonge», qui s’intéresse à la désinformation. Nous préparons aussi pour France Télévisions un documentaire intitulé «La Guerre des Abysses», consacré aux enjeux géopolitiques maritimes actuels. Nous venons de terminer un film sur l’amour en Chine et le déséquilibre démographique qui transforme les relations amoureuses. Et nous développons également plusieurs projets avec Arte.

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Le documentaire traverse une période compliquée économiquement. Comment voyez-vous son avenir ?

Stéphanie LEBRUN

Le contexte est difficile, c’est vrai, mais je reste optimiste. Je crois profondément au retour du terrain et du reportage incarné. Plus l’intelligence artificielle progresse, plus le besoin d’aller voir, de rencontrer et de raconter le réel devient précieux. Notre rôle est d’être des passeurs de confiance, avec de la rigueur journalistique, mais aussi de la sensibilité. Nous travaillons d’ailleurs aussi sur des formats plus courts pour les plateformes sociales. L’essentiel, quel que soit le format, reste le même : raconter le réel avec exigence et humanité.

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