Succès international pour les feuilletons télévisés made in Istanbul

399

A Paris ou à New York, personne ou presque n’a entendu parler de Songül Öden et Kivanç Tatlitug. Mais à Dubaï, Astana ou même Athènes, ces 2 acteurs turcs sont des idoles que le public vénère et le symbole de l’étonnant succès international des feuilletons télévisés made in Istanbul. Lancée en 2005, «Gümüs» («Argent») a ouvert la voie à cette déferlante venue de Turquie. Cinq ans plus tard, le dernier épisode de ce mélodrame a été suivi par plus de 85 millions du téléspectateurs, du Maroc à la Syrie. Aujourd’hui, Songül Öden n’y est plus connue que sous le prénom de son personnage, «Nour», et Kivanç Tatlitug aussi célèbre que Brad Pitt ou Leonardo Di Caprio. «Ce succès a vraiment été une grande surprise», confie l’actrice. «Nous débutions tous, les acteurs, le réalisateur. Vraiment on ne s’y attendait pas. Partout nous avons été accueillis comme des pop stars». Depuis «Gümüs», d’autres feuilletons turcs se sont engouffrés dans la brèche et inondent désormais les petits écrans du Moyen-Orient, des Balkans ou d’Asie centrale. Ils y battent tous des records d’audience, loin devant les «soap operas» américains, les séries égyptiennes et autres «telenovelas» sud-américaines. En 2011, la Turquie a vendu à l’étranger plus de 10.500 heures de séries, qui ont été vues par quelque 150 millions de téléspectateurs dans 76 pays et lui ont rapporté 68 millions de dollars de recettes. Désormais, elle pointe au 2ème rang des pays producteurs de feuilletons, juste derrière les Etats-Unis. Le producteur Fatih Aksoy attribue ce succès à la qualité des productions turques et, surtout, leur adaptation aux goûts d’un public avide de fictions mélodramatiques et de sagas historiques exaltant les splendeurs de l’empire ottoman.