T. VALLAT (CFI) : «Nous trouvons des solutions pour participer au développement des médias»

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L’Agence française de coopération médias (CFI) accompagne de nombreux pays dans le développement des médias. L’occasion pour média+ de dresser un état des lieux des missions de l’organisme avec Thierry VALLAT, Président Directeur Général de CFI.

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Quelle est la mission de CFI ?

Thierry VALLAT

CFI accompagne les médias publics ou privés (TV, radios, presse écrite, médias en ligne). Dans le cadre de la politique française d’aide publique au développement, l’agence s’investit aux côtés des médias et des acteurs de la société civile, engagés pour une information pluraliste et démocratique, et en faveur du développement durable. Notre rôle est de favoriser le développement des médias en Afrique, dans le monde arabe et en Asie du Sud-Est. Nous sommes les seuls opérateurs publics français à agir dans ce sens. Sur les cinq dernières années, nous avons une croissance de +117%. Notre activité est en hausse en raison de la demande.

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Comment êtes-vous mandatés pour intervenir dans certains territoires ?

Thierry VALLAT

Pour intervenir, il faut avoir les moyens financiers de le faire. Nous pouvons être sollicités par des bailleurs, des entités publiques qui veulent intervenir dans certains territoires dans le cadre de développement des médias locaux. Outre le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, notre plus gros bailleur est l’Agence Française de Développement. Nous trouvons des solutions pour participer au développement des médias, comme la formation par exemple. Nous pouvons aussi intervenir suivant les besoins du ministère. Pour rappel, CFI est un opérateur du Quai d’Orsay. Autre cas de figure, par le biais de nos propres antennes, nous pouvons prendre conscience de certaines problématiques et intervenir sur tel ou tel besoin, sur fonds propres. On agit en toute transparence.

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La lutte contre les fake news est-elle votre principale mission ?

Thierry VALLAT

La lutte contre les fake news est une de nos principales missions. C’est une priorité. On constate tous les jours qu’il s’agit d’un problème qui touche tout le monde, qu’importe le territoire et le développement de tel ou tel pays. Des armées de faux comptes peuvent facilement partager des fake news, même concernant la France.

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Sur le terrain, le public jeune est-il une cible importante ?

Thierry VALLAT

Nous ciblons énormément les jeunes. Surtout en Afrique où nous trouvons de jeunes journalistes motivés à travailler différemment. Ils sont dynamiques et ont une grande aspiration au changement. Ce sont des qualités qu’on peut retrouver facilement chez des jeunes. Sur le terrain, nous sommes très bien reçus par ces jeunes journalistes. Nous les accompagnons, c’est ce qui nous apporte toute la crédibilité nécessaire.

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Êtes-vous impacté par la guerre en Ukraine ?

Thierry VALLAT

La guerre en Ukraine nous impacte dans le sens où certains territoires nouveaux nécessitent une intervention de notre part. Je pense à un pays en particulier, la Roumanie. Nous y avons soutenu les médias locaux. Et nous avons été contraints de créer, avec RFI, un pôle régional à destination des journalistes ukrainiens en exil. Tout comme la crise sanitaire liée au Covid19, nous avons su être agiles, tout en menant des programmes pour lutter contre la désinformation.