TNT locales: jeudi, la région parisienne tente de rattraper son retard

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    Sept chaînes locales franciliennes de la télévision numérique terrestre (TNT) vont être lancées officellement jeudi matin par la ministre de la Culture Christine Albanel et le président du CSA Michel Boyon, donnant ainsi un coup de fouet au développement de la télévision locale en France. Les Franciliens équipés de la TNT disposeront ainsi de 26 chaînes au total, les sept nouvelles chaînes -CAP 24, IDF 1, NRJ Paris, Demain IDF, BDM TV, Cinaps TV et Télé Bocal- venant s’ajouter aux 18 nationales accessibles depuis trois ans, ainsi qu’à France ô, pour les téléspectateurs originaires d’Outre-mer. Pour Philippe Bailly, de l’agence spécialisée NPA Conseil, ce lancement marque «le printemps de la télévision locale» en France et permet à Paris de rattraper son retard sur d’autres capitales européennes comme Bruxelles, Berlin ou Rome. «Cela va contribuer à augmenter l’offre pour la TNT en Ile-de-France, permettra d’accélérer l’équipement des Franciliens et peut-être aussi d’accélérer l’extinction de l’analogique sur Paris», a déclaré Marc Pallain, président du groupement Télévision numérique pour tous, par ailleurs président du directoire du groupe NRJ. Selon une étude de NPA Conseil, l’importance du bassin concerné par ces nouvelles chaînes -10 à 12 millions d’habitants- permet aux nouvelles télévisions numériques commerciales d’Ile-de-France d’espérer trouver les recettes publicitaires locales nécessaires à leur survie, soit 45 millions d’euros par an. «Le fait que la télévision locale existe à Paris va être un accélérateur très fort pour la télévision locale partout, car les annonceurs vont commencer à avoir l’habitude d’intégrer la télé locale dans leur champ de vision», souligne Philippe Bailly. Selon le CSA, près de cinquante télévisions locales devraient être diffusées sur la TNT en France à la fin de l’année. CAP 24, «chaîne de proximité et de service» est la vitrine du groupe Hersant Media, principal actionnaire avec Lagardère et les Caisses d’Epargne. Elle se propose de donner aux Parisiens actifs «l’envie de vivre mieux leur ville». IDF 1 sera présidé par Marc Tessier, ancien président de France Télévisions, aujourd’hui directeur général de la société spécialisée dans la télévision numérique Netgem. L’actionnaire majoritaire en est le producteur de fiction Jean-Luc Azoulay. Comme l’indique son sigle (ID pour «idées» et F pour «famille), il s’agira d’une «chaîne familiale de proximité», sur laquelle reviendra une ancienne gloire du PAF, Dorothée. Enfin, NRJ Paris, petite soeur de NRJ 12, chaîne gratuites de la TNT au plan national, se présente, selon Marc Pallain, comme une chaîne «dynamique», destinée aux moins de 50 ans, faisant une large place à l’«infotainment», qui mixe information et divertissement. Quatre chaînes se partageront un même canal et n’émettront donc qu’une partie de la journée: Demain IDF (déclinaison parisienne de Demain TV, spécialisée dans l’emploi), BDM TV (association Banlieues du monde), Cinaps TV (réalisée par l’association du même nom, spécialisée dans l’activité culturelle et scientifique en Ile-de-France) et Télé Bocal (de l’association Télé Bocal, qui revendique une «forte dimension de solidarité via une mission de formation»). Les chaînes nationales de la TNT, dont le déploiement a commencé en mars 2005, sont accessibles sur 85% du territoire. Considérée comme un succès, la TNT est regardée, selon Médiamétrie, par 17 904 000 personnes vivant dans un foyer équipé, soit 32,4% des foyers ayant la télévision.