Toshiba annonce qu’il va supprimer jusqu’à 4.000 emplois au Japon

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Le conglomérat nippon Toshiba, privatisé l’année dernière après maints déboires, a annoncé jeudi qu’il allait supprimer jusqu’à 4.000 emplois au Japon via des départs à la retraite anticipés dans le cadre d’un plan de restructuration.

«La décision a été difficile à prendre pour la direction, mais nous pensons que ces mesures sont essentielles pour remettre Toshiba sur la voie de la reprise et de la croissance», a déclaré une porte-parole de l’entreprise.

Ce plan sera exécuté d’ici fin novembre en proposant aux salariés âgés de plus de 50 ans qui répondent à des critères spécifiques un départ volontaire à la retraite anticipé, a-t-elle précisé.

Les licenciements massifs sont rares au Japon, mais le recours aux régimes de retraite anticipée ou aux départs volontaires a fortement augmenté.

Toshiba avait accepté l’an dernier de se faire racheter par un consortium d’entreprises nippones emmenées par le fonds Japan Industrial Partners (JIP), après un long bras de fer avec ses actionnaires activistes.

«La privatisation nous a donné l’occasion de résoudre fondamentalement les problèmes structurels de Toshiba et de revenir à «ce que Toshiba devrait être», peut-on lire dans un communiqué présentant le «plan de revitalisation» du groupe. Toshiba écrit encore vouloir «rationaliser la structure du personnel en examinant les opérations faisant double emploi» pour «atteindre les objectifs du nouveau plan d’entreprise à moyen terme».

Ancien emblème de la puissance du Japon dans l’électronique et l’informatique jusque dans les années 2000, Toshiba a ensuite fortement décliné, victime notamment de la concurrence d’autres voisins asiatiques (Chine, Taïwan, Corée du Sud), mais aussi de groupes américains comme Apple.

Sa situation est ensuite devenue critique à partir de 2015 quand a éclaté un énorme scandale de maquillage de ses comptes, suivi peu après de la faillite de sa filiale nucléaire américaine Westinghouse.

Pour survivre, Toshiba a dû vendre de nombreux actifs, dont son joyau, sa filiale de puces-mémoires Toshiba Memory (rebaptisée Kioxia depuis 2018), et a été obligé d’ouvrir la porte de son capital à de nombreux actionnaires activistes.

Ces actionnaires sont progressivement devenus de plus en plus critiques et exigeants face aux sous-performances chroniques du conglomérat, lequel avait fini par se résoudre en 2022 explorer la piste d’un rachat pour tenter de prendre un nouvel élan.