Trois histoires, trois pays : «La Tresse» illustre la résilience féminine à travers le monde dès mercredi dans les salles 

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«La Tresse», film adapté du roman à succès de Laetitia Colombani, arrive mercredi en salles, «hommage au courage des femmes» à travers les histoires entrelacées de trois d’entre elles, en Inde, en Italie et au Canada. En Inde, Smita est une membre de la communauté des dalits (autrefois appelés «intouchables») qui rêve de voir sa fille échapper à sa condition misérable et entrer à l’école. En Italie, Giulia travaille dans l’atelier de son père et découvre, lorsqu’il est hospitalisé, que l’entreprise familiale est ruinée. Au Canada, Sarah, une avocate réputée est sur le point d’être promue à la tête de son cabinet quand elle apprend qu’elle est atteinte d’un cancer. Ces trois femmes ont, sans le savoir, un lien. «Le roman et le film sont vraiment une forme d’hommage au courage des femmes, même si j’ai voulu qu’ils puissent s’adresser à tout le monde parce que la discrimination envers les femmes, c’est le problème de tous», a indiqué, lors d’un entretien au festival Arte Mare à Bastia en octobre, Laetitia Colombani, auteure du roman, coscénariste avec Sarah Kaminski et réalisatrice du film. Cette histoire est «porteuse d’optimisme même si on montre des réalités parfois difficiles, ces chaînes que portent les femmes, particulièrement visibles en Inde et beaucoup plus invisibles mais bien réelles au Canada», estime-t-elle. Les personnages de fiction, interprétés par l’Indienne Mia Maezler, l’Américaine Kim Raver («Grey’s Anatomy», «New York 911», «24 Heures Chrono») et l’Italienne Fotini Peluso (la série «Salade Grecque») sont «en apparence fragiles» mais en réalité des «combattantes», ajoute l’auteure de ce premier roman publié en 2017, traduit en 40 langues et qui s’est vendu en France à plus de deux millions d’exemplaires. 

«Marathon» : Quant à la petite fille indienne qui joue Lalita, c’est une membre de la communauté dalit comme «tous les gens que vous voyez à l’écran» dans la partie indienne, «une enfant des rues qui mendiait pour manger qu’on a rencontrée à Delhi», précise Laetitia Colombani. «C’est aussi pour ma fille que j’avais envie de porter ce projet», insiste celle qui assure avoir «très, très envie que le monde change, que les mentalités évoluent». Elle a puisé son inspiration «dans un documentaire vu il y a très longtemps dans (l’émission de reportage télévisé) «Envoyé Spécial» qui racontait la route du cheveu en Inde» et dans le parcours de l’une de ses amies, Olivia, à qui est dédié le film, «qui est tombée malade et qui m’a demandé de l’accompagner pour aller choisir sa perruque avant d’entrer en chimiothérapie», se remémore-t-elle. «J’ai vraiment écrit le roman en me disant que cette histoire serait infaisable au cinéma, trop coûteux, trop compliqué», a précisé cette cinéaste qui avait précédemment réalisé deux films: «A la folie… pas du tout» (2002) et «Mes stars et moi» (2008). «J’étais d’autant plus surprise, quand le roman est paru, de recevoir des coups de fil de producteurs», ajoute-t -elle. Si le tournage s’est étalé sur six mois – «un marathon» – «d’abord en Inde, puis au Canada et enfin en Italie», le montage a été également «un moment important pour créer notre tresse», confie-t-elle. Aujourd’hui, «j’ai un roman qui m’attend, que j’ai interrompu pour partir tourner», et «j’ai envie de continuer à en écrire parce que cette liberté-là est incroyable et merveilleuse», livre celle qui en a écrit deux autres («Les Victorieuses» et «Le Cerf-Volant»).