Trois questions à … Vincent Redier, Président de KTO

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    Créée en 1999 puis exploitée depuis mars 2001 par des sociétés privées actionnaires, KTO est aujourd’hui une chaîne associative. KTO est diffusée 7j/7, 24h/24, sur le principe d’une multi diffusion des programmes (60% des programmes diffusés sont des productions propres). média+ a rencontré le dirigeant de la chaîne, Vincent Redier, pour nous expliquer l’évolution et les enjeux de KTO.

    média+ : Quel est le visage de KTO aujourd’hui ?

    Vincent Redier : Nous avons en effet subi de nombreuses évolutions depuis ces deux dernières années. Depuis janvier 2008, «KTO» est une association, elle a quitté son statut de société anonyme dont les anciens actionnaires, notamment Lagardère, sont devenus les membres fondateurs. Nous fonctionnons donc aujourd’hui grâce aux dons avec environ 140 000 donateurs qui offrent en moyenne 50 euros tous les deux ans, récoltés par le biais de la «Fondation Notre Dame». Notre budget est de 6 millions d’euros: chaque minute de programme sur la chaîne revient à 12 euros. Les dons représentent 75% du financement de la chaîne, le reste provient des partenariats, du journal des programmes TV que nous éditons, ainsi que des produits dérivés. Nous avons une situation financière moins inquiétante qu’il y a deux ans. Nous voyons l’avenir avec plus de sérénité même si nous restons sur le fil du rasoir. Le coût de la grille des programmes représente 60% de notre budget global.

    média+ : Avez-vous pris le train du numérique ?

    Vincent Redier : Oui, nous avons beaucoup investi dans les nouvelles technologies. En effet, après tous nos déboires financiers et notre dossier pour la TNT qui n’a pas été retenu, nous avons décidé de devenir une chaîne de son temps. Nous étions une chaîne avec une organisation classique. Et nous avons décidé de passer à l’ère du numérique au cours de l’été 2007. Nous nous sommes rendus compte que notre coût de fonctionnement avait baissé de 30% par rapport à 2005, alors que le nombre de productions n’a fait que croître. Dès la première année, donc, c’était une économie que de nous mettre au tout numérique. Actuellement tout notre système est intégré. Nous avons parallèlement à la chaîne de télévision un nouveau site Internet performant (2.0) depuis janvier dernier avec de la VOD gratuite, un flux de direct (Web TV) et une catch up TV. Nous aurons d’ici fin septembre plus de 8 000 vidéos sur le site. Le tout gratuitement et sur de grandes fenêtres de visionnage. Nous sommes donc même en avance par rapport à certaines chaînes du PAF.

    média+ : Pour quelles raisons n’êtes-vous pas sur la TNT ?

    Vincent Redier : Nous n’avons en effet pas été retenus par le CSA pour intégrer la TNT. Mais, le refus du Conseil était juridiquement contestable. Nous avons attaqué l’institution et le Conseil d’Etat nous a donné raison. Mais nous ne sommes pas pour autant sur la télévision terrestre. Nous allons demander des dommages et intérêts au vu des préjudices subis. Nous ne visons donc plus la TNT pour le moment étant donné que le gouvernement et le CSA ont décidé d’attribuer à la HD les canaux de la TNT encore disponibles. Tout du moins, cette politique sera valable jusqu’à la fin de l’analogique: en 2012. Mais, en revanche, nous serons sur le satellite AB3 (Eutel Sat) d’ici le 15 juillet, en plus d’Astra qui couvre l’Europe et l’Afrique du nord. Nous atteindrons ainsi un million et demi de foyers en plus. Ce qui permettra de compenser un peu le fait que sur les opérateurs télévisuels, nous sommes placés autour de la chaîne n° 200 dans leur plan de service…