Le Média Club s’est réuni lundi matin afin de débattre sur le paysage médiatique des pays de l’Est. Vladimir Gasic, président d’Angel Audiovisuel, vivant en Moldavie, a présenté le marché des médias dans ces pays. L’occasion pour média+ de se pencher sur ces pays voisins.
média+ : Comment se présente le marché de l’audiovisuel de l’Europe centrale ?
Vladimir Gasic : L’Europe de l’Est est un gros marché. En France, les gens pensent que-là bas, la télévision est vieille alors qu’en fait ils ont tout. L’Europe, c’est 27 pays dont une grande partie est désormais composée de ces pays dits «à l’Est», comme la Pologne, la Hongrie ou les Etats Baltes. Aujourd’hui, ce marché est un relais de croissance pour les productions françaises. L’explosion du marché publicitaire y est également exceptionnelle: plus de 20% de croissance entre 2007 et 2008. L’offre de chaînes est énorme car il y a une explosion du câble ainsi que des chaînes régionales terrestres. Il faut savoir qu’il y a des pays qui ont 200 chaînes terrestres qui se regroupent en réseaux pour faire des acquisitions comme en Roumanie, en Ukraine etc. C’est celle-ci la réalité de l’Europe de l’Est. La Pologne, la Roumanie et la Hongrie sont les pays au plus gros potentiel. Sur l’ensemble de ces pays, le taux de pénétration du câble est de 56%, c’est assez remarquable. La télévision mobile est quant à elle lancée cette année avec l’«Euro 2008». Ils ont évidemment la HD. La pénétration du satellite est inégale mais en forte accélération depuis 2 ans. Les programmes phares sont les matches de football, si possible internationaux. A noter qu’il y a très peu de télé-réalité, il existe tout de même un «Loft» qui dure depuis trois ans.
média+ : La Russie détient-elle une place à part dans ce marché ?
Vladimir Gasic : Le marché russe est en effet très spécial. Rien que son marché publicitaire représente 10 milliards de dollars, dont 50% des recettes qui vont à la télévision. Le prix de l’heure des programmes progresse environ de 30% par an, d’une année sur l’autre ça peut même doubler. Si la France est aujourd’hui à la sixième place mondiale sur le marché publicitaire, d’ici 2010, c’est la Russie qui prendra sa place et sera quasiment au même niveau que l’Allemagne. Il faudra je pense, dans l’avenir, considérer la Russie comme un marché à part entière. Les trois grandes chaînes russes sont ORT (20%), RTR (18%) et NTV (15%) qui est la seule à vouloir faire des coproductions avec des chaînes de l’Europe occidentale. 50% des films français (animation, documentaire, comédie) sont vendus à la Russie.
média+ : Comment sont diffusées les œuvres européennes ?
Vladimir Gasic : Les obligations légales en matière de diffusion d’œuvres européennes sont respectées. Elles sont autour des 60%, cela dépend des pays. Aujourd’hui, tous les producteurs locaux, Bulgares, Roumains, Polonais ont des projets et recherchent des financements. Les CSA locaux ont été créés en 1992. Ils s’attachent à appliquer toutes les directives européennes. A noter que les principales coproductions sont régionales: la Roumanie coproduit beaucoup avec la république Tchèque et la république Slovaque. La Pologne également. La production sur place est extrêmement bon marché: en Roumanie, les coûts studio varient entre 4 000 et 40 000 euros par mois, tout dépend des besoins. Et un ingénieur son c’est 100 euros par jour. Mais c’est aussi le cas en Ukraine et en Hongrie, où sont tournées beaucoup de Call TV. Ces pays, en plus, ont une véritable culture française.



































