TV publique: les gouvernants font fi de «tout intérêt général»

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    Des cinéastes, écrivains et historiens réputés ont publié mardi une tribune dans le quotidien «Libération», critiquant vertement la politique audiovisuelle du gouvernement, qui fait fi de «l’intérêt général» mais se montre d’«une bienveillance extrême» à l’égard des chaînes privées. Les signataires, dont les cinéastes Alain Corneau, Jean-Paul Salomé, Jacques Fansten, Cédric Klapisch, Bertrand Tavernier, Jean Marbeuf, les écrivains Tahar Ben Jelloun, Jean-Claude Guillebaud, les historiens Marc Ferro, Pascal Ory, le scénariste Jean-Claude Carrière dressent «un constat aussi amer que révoltant». «Loin de tout intérêt général, les pouvoirs publics semblent aujourd’hui vouloir se pencher avec une bienveillance extrême au chevet des chaînes privées, quitte à ce qu’un fossé irrémédiable ne se creuse entre un service public mal financé et des chaînes privées abreuvées jusqu’à plus soif de publicité et délivrées d’une réglementation audiovisuelle (…)», estiment-ils. «L’avenir du service public dont les pistes de financement apparaissent aléatoires sinon insuffisantes ne semble ni serein, ni radieux ni même assuré», écrivent ces signataires. Le président de la République avait annoncé début janvier la prochaine suppression de la publicité sur les antennes du service public. La commission Copé, chargée de réfléchir à l’avenir de la télévision publique sans publicité, rédigera mercredi ses conclusions définitives qui seront remises à Nicolas Sarkozy. Parallèlement, la ministre de la Culture, Christine Albanel, a proposé début juin d’augmenter le volume de publicité sur les chaînes privées, d’autoriser une deuxième coupure pendant les films et d’alléger les règles anti-concentration. Cela, afin de permettre aux groupes de médias français d’atteindre une taille internationale. Dans leur tribune, les signataires estiment que la chute des cours de bourse des groupes audiovisuels privés (TF1 et M6) s’explique avant tout «par les erreurs stratégiques commises ces dernières années», parmi lesquelles le manque d’anticipation quant au «développement de la TNT» et «le déclin d’un modèle économique bouleversé par l’éclatement du paysage audiovisuel et le développement d’Internet».