Un journaliste afghan de 28 ans entré en clandestinité en France et menacé d’expulsion finalement autorisé à demander l’asile

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Elyaas Ehsas, journaliste afghan de 28 ans entré en clandestinité en France pour éviter d’être expulsé vers son pays où il est menacé de mort par les talibans, a finalement été autorisé à déposer une demande d’asile, a-t-il indiqué ce mardi 23 novembre. «Je vais raconter mon histoire aujourd’hui ou demain pour le dossier de demande d’asile et l’envoyer à l’Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides, ndlr)», a-t-il déclaré. 

Elyaas Ehsas, qui travaillait dans son pays pour une chaîne de télévision, appartient à la communauté Hazara, une minorité chiite discriminée, ciblée par les talibans sunnites. En exil depuis 2015, M. Ehsas était arrivé en France à l’automne 2020. 

Domicilié à Rennes, il avait annoncé en avril son intention de disparaître alors qu’il était menacé d’expulsion vers la Suède, étant considéré par la France comme «dubliné», du nom d’un règlement européen de 2013, qui oblige un demandeur d’asile à déposer sa demande dans le pays de l’UE où il est arrivé en premier. 

Or, la Suède lui a déjà refusé une demande d’asile. «La préfecture d’Ille-et-Vilaine lui a délivré mercredi dernier une attestation de demande d’asile en procédure normale. Sa famille a été évacuée fin août d’Afghanistan par les autorités françaises du fait des menaces dont elle pouvait faire l’objet en raison de l’activité journalistique de M. Ehsas et parce que sa petite soeur était dans l’équipe nationale afghane de basket-ball», a expliqué son avocat, Me Clément Père. 

«Etant donné que sa famille était demandeuse d’asile en France, j’avais demandé qu’il puisse lui aussi faire sa demande en France et que cette dernière renonce à poursuivre la procédure Dublin. 

Cette procédure signifie que la France ne va même pas regarder le fond et les raisons pour lesquelles une personne demande l’asile», a ajouté Me Père.    

Après la prise de pouvoir des talibans en août dernier, des centaines de journalistes afghans ont fui le pays par peur de représailles. Des journalistes et ONG afghanes ont dénoncé mardi les nouvelles règles imposées par le régime taliban aux télévisions afghanes, craignant un musèlement progressif des médias.

Le gouvernement taliban a publié dimanche une série de «directives religieuses» destinées aux médias, la première tentative de régulation du secteur par les talibans depuis leur reprise du pouvoir mi-août. Il a notamment appelé les médias à éviter les programmes «opposés aux valeurs islamiques et afghanes».