GB: premiers débats télévisés électoraux après 46 ans de palabres

Rituel incontournable de la vie politique en France et aux Etats-Unis notamment, le débat télévisé fait son apparition pour la première fois cette année au Royaume-Uni, avec trois affrontements entre les chefs des grands partis engagés dans des élections législatives incertaines. L’événement excite la curiosité du public, débride l’imagination des médias et cause des sueurs froides aux conseillers politiques. Les trois débats dont le premier est prévu jeudi, vont opposer le Premier ministre travailliste Gordon Brown, le conservateur David Cameron et le libéral-démocrate Nick Clegg avant le scrutin du 6 mai. L’idée du recours au débat télévisé a souvent été agitée au Royaume-Uni, depuis que le travailliste Harold Wilson l’a proposée, en vain au conservateur Alec Douglas-Home, en 1964. Depuis, elle a resurgi à chaque élection mais a toujours été rejetée par l’un des camps. «Jusqu’à présent, les conservateurs et le Labour ne s’étaient jamais entendus», remarque John Curtice, politologue à l’université de Strathclyde. «La position classique c’était que le Premier ministre en exercice était réticent à débattre». Mais M. Brown à qui rien ne répugne tant que l’exercice médiatique, a été poussé à relever le gant par ses conseillers qui le pensent capable de surprendre agréablement. Il a pris ce pari «car son parti était très en retard dans les sondages et car il pense qu’il peut battre Cameron», observe M. Curtice. A l’aise devant les caméras, avec son physique avantageux et son sens de la formule, M. Cameron n’a cessé de défier M. Brown, depuis son élection à la tête des Tories en 2005.

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