Les puissants journaux japonais contraints de sauter le pas de l’Internet

Avec leur tirage énorme et leur lectorat fidèle, les journaux japonais ont résisté jusqu’à présent aux problèmes financiers de leurs homologues occidentaux, mais une certaine désaffection de la jeunesse les oblige à réfléchir à une stratégie numérique.
La puissante industrie de la presse quotidienne nippone affiche une diffusion totale de quelque 50 millions d’exemplaires par jour, dont plus de 10 millions pour le seul «Yomiuri Shimbun», premier quotidien de l’archipel peuplé de 127 millions d’habitants. Ce total ne concerne que les moutures matinales, la plupart des journaux proposant aussi une édition différente mais plus maigre l’après-midi. Le tirage n’a baissé que de 6% lors des dix dernières années. Chaque journal bénéficie d’un système logistique bien rodé, avec une distribution personnalisée par porteurs spéciaux, matin et soir, et une armée de vendeurs d’abonnement arrivant les bras chargés de menus présents.
Les moyens mis en oeuvre sur le volet éditorial sont tout aussi impressionnants, avec des moutures tirées et enrichies au fur et à mesure par des correspondants mobilisés jour et nuit dans tout le pays à l’affut de la moindre information. Toutefois, bien qu’elles représentent moins d’un tiers des revenus des journaux, les recettes publicitaires ont chuté de 42% en une décennie.

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