Les enfants et l’émotionnel, piliers des émissions de divertissement

Les programmes de divertissement, dont sont friandes toutes les télévisions du monde,font désormais la part belle aux enfants et creusent le sillon de l’émotion, constate-ton au MIPTV, marché des contenus audiovisuels international qui se tient à Cannes (sud de la France). «2008 a été jusqu’à présent l’année la plus incroyable pour la vente de nos programmes», a déclaré Rob Clark, vice-président de FremantleMedia, l’une des plus importantes sociétés de production d’émissions de divertissement (dont le célébrissime «Pop Idol»), au cours du MIPTV qui se déroule jusqu’à jeudi. Parmi les derniers-nés de FremantleMedia, l’émission «The prettiest girl in the class». Lancée en janvier aux Pays-Bas, cette émission tente de retrouver «la plus jolie fille de
la classe» à partir d’une photo d’école prise 20 ans auparavant et fait se succéder les souvenirs de ses camarades d’alors. Ce programme appartient à une veine en vogue actuellement, celle des «émissions et jeux émotionnels», a noté Virginia Mouseler, directrice de The Wit, un cabinet qui analyse les nouveaux programmes dans le monde. Ces émissions, baptisées par les professionnels «emogameshows», «ne nécessitent aucune connaissance de la part des participants», a-t-elle ajouté en présentant un florilège des «programmes de divertissement les plus novateurs». «Amnesia» aux Etats-Unis et «Por que no te callas» («pourquoi tu ne te tais pas») en Argentine appartiennent à cette catégorie. Des couples, mari et femme, mère et fils, oncle et neveu…, sont interrogés séparément sur leur passé commun, avec à la clé une somme d’argent à remporter si les réponses correspondent. Toujours dans l’émotion, «The 100…» (Pays-Bas) suit plusieurs semaines cent couples qui s’apprêtent à changer de vie, via le mariage, l’adoption ou un départ à l’étranger. «Oprah’s big give» (Etats-Unis) réunit dix participants, qui ont pour mission de changer la vie de personnes malheureuses. Ils ignorent que le plus exemplaire d’entre eux recevra un million de dollars par la vedette de la télévision américaine, Oprah Winfrey. Les enfants continuent d’être les stars de plusieurs formats d’émissions de divertissement: dans «My dad is better than your dad» («mon père est meilleur que le tien», Etats-Unis), deux équipes père-fille ou père-fils s’affrontent lors d’épreuves, et la gagnante remporte de quoi financer les études de l’enfant. Dans «The smoke house» (Grande-Bretagne), six enfants ou adolescents vont imposer à leurs parents fumeurs une hygiène de vie pour les aider à se passer de la cigarette. Autre tendance apparue il y a déjà quelques mois, les jeux et émissions auxquels participent un groupe de personnes unies dans un même but, louable la plupart du temps. Il s’agit de la veine «esprit de communauté», a constaté Virginia Mouseler. Deux mille habitants d’une petite île de la mer du Nord se mettent ainsi au régime pendant trois mois et chaque kilo perdu rapporte 100 euros pour financer un projet voté par la communauté («Jedes kilo zählt», «chaque kilo paye», Allemagne). Deux
villes, représentées par une famille, l’équipe de foot et le maire, s’efforcent ailleurs de réduire leurs émissions de CO2 («Kraftaket», Norvège).

Aucun article à afficher