JM Vidéo, vidéoclub parisien arpenté par des stars du cinéma mondial, s’estime « sauvé » après une campagne d’appel aux dons close dimanche qui lui a permis de récolter 42.115 euros et a provoqué une « arrivée massive » de clients, a dit lundi son gérant. « La mission première de la campagne est remplie: on a reconstitué une trésorerie qui permet de voir l’avenir et de sauver le navire », affirme Théo Bancilhon, qui avait lancé en septembre une collecte pour éviter la fermeture d’un des deux derniers vidéoclubs de Paris, en grande difficulté financière. Créée au début des années 1980, la petite boutique à l’enseigne jaune et aux 50.000 DVD a accédé à la notoriété en voyant défiler Brad Pitt, Francis Ford Coppola ou Isabelle Huppert venus parler de leurs films fétiches pour « Vidéo Club », l’émission du média en ligne Konbini diffusée depuis 2018 sur YouTube. Ce supplément de paillettes n’avait toutefois pas permis à JM Vidéo d’échapper à l’hémorragie qui a décimé la quasi-totalité des vidéoclubs en France, emportés par le piratage illégal et les plateformes de streaming. Au-delà des dizaines de milliers d’euros récoltés en trois mois, l’appel aux dons et sa médiatisation ont provoqué un afflux de clients que Théo Bancilhon qualifie de « titanesque » et qui a permis à JM Vidéo d’enregistrer ses meilleurs mois « depuis quinze ans », à une époque où Netflix en était encore à ses débuts. « Ca nous donne beaucoup d’espoir parce qu’on a pris conscience qu’il y a une véritable clientèle, notamment jeune, qui ne veut pas voir ce lieu disparaître », estime M. Bancilhon, « pris de court » par l’afflux de nouveaux clients. Selon le gérant, des discussions se sont par ailleurs engagées avec des professionnels du cinéma (exploitants de salles, cinéastes, producteurs…) pour monter des projets qui permettraient de « pérenniser » JM Vidéo et éviter qu’une nouvelle collecte soit nécessaire dans quelques années. « J’ai l’impression qu’on est plus armés que jamais pour subsister et être toujours là dans 10-15 ans quelle que soit la conjoncture », espère M. Bancilhon.



































