S. CHARBIT (3ème Œil Story) : «Les interdits rendent les projets originaux»

S. CHARBIT (3ème Œil Story)  : «Les interdits rendent les projets originaux»

À l’occasion du lancement de la mini-série «Je sais pas» le 13 mars sur france.tv, Sébastien Charbit, Directeur Général et producteur chez Troisième Œil Story, revient pour Média+ sur la genèse du projet et ses projets.

MEDIA +

Qu’est-ce qui vous a convaincu d’adapter «Je sais pas», le roman de Barbara Abel, en mini-série pour france.tv ?

Sébastien CHARBIT

Cela n’a pas été immédiat. À la première lecture, nous sentions un potentiel sans savoir comment en faire une série. C’est en échangeant avec Jacques Kluger (Darklight) que nous avons décidé d’en faire une vraie série et non un simple format allongé. Ce qui nous a marqués, c’est le renversement: l’enfant ne disparaît pas, elle revient. Et l’on se demande si elle est innocente, complice ou suspecte. Cette ambiguïté nous a semblé extrêmement fertile. J’avais travaillé sur le lancement de «Broadchurch» à l’époque, et depuis, nous avons vu beaucoup d’histoires de disparitions ou de morts d’enfants. Ici, le point de départ est différent, l’enfant n’est pas l’objet mais le sujet.

MEDIA +

Condition sine quoi non dans un marché saturé de thrillers ?

Sébastien CHARBIT

Ici, nous parlons de thriller domestique. L’enquête n’est pas le cœur du récit. Ce sont les rapports humains, l’intime, le quotidien. En étant très domestique, nous assumons davantage le genre. Cela nous permet une narration moins balisée qu’un polar classique, une direction assumée et encouragée par France TV pour se différencier. Le savoir-faire de scénariste d’Olivier Prieur redistribue les cartes à chaque épisode.

MEDIA +

Faire reposer la série sur une enfant de 7 ans, était-ce un pari risqué ?

Sébastien CHARBIT

Oui, mais c’est aussi le cœur de notre métier. On entend sans cesse qu’il ne faut pas d’animaux, pas d’enfants, pas de genre. Or, les interdits rendent les projets originaux. Nous avons eu la chance, grâce à Fred Grivois, de trouver Élodie, formidable. Elle est entourée de comédiens généreux, Lola Dewaere et David Kammenos, prêts à se mettre au service de cette jeune actrice. C’est ce qui a rendu le pari possible.

MEDIA +

La série a-t-elle été pensée pour l’international ?

Sébastien CHARBIT

Oui. Nous nous sommes inspirés des thrillers britanniques 4×52’ qui circulent facilement. Nous avons pitché la série à Séries Mania avant même qu’elle ne soit finalisée. Des discussions internationales ont démarré très tôt. Certaines se sont concrétisées, d’autres attendent les performances françaises. Si nous réussissons sur notre territoire, cela devient une rampe de lancement vers l’international.

MEDIA +

Le lancement sur france.tv change-t-il votre approche ?

Sébastien CHARBIT

Sur le budget, nous sommes dans une équation connue. Mais le format feuilletonnant est très compatible plateforme. En linéaire, on cherche la rétention. En plateforme, on est dans l’acquisition. Cela autorise des marqueurs narratifs plus forts qui font les succès de France.tv.

MEDIA +

Les exigences du service public ont-elles évolué ?

Sébastien CHARBIT

Oui. Il y a quelques années, nous n’aurions pas osé poser la question : un enfant peut-il faire peur ? Aujourd’hui, le diffuseur assume davantage le genre et nous pousse à aller plus loin. La dynamique est plus ambitieuse.

MEDIA +

La fiction française peut-elle rivaliser avec les plateformes internationales ?

Sébastien CHARBIT

L’identité culturelle est une force. Le défi est financier. Il faut monter en gamme dans un environnement contraint. Il faut monter en gamme avec moins de moyens. Les outils évoluent, y compris l’intelligence artificielle, non pour remplacer mais pour améliorer. Nous devons concilier identité locale et standards internationaux. Il y a une course vers le haut en termes de qualité visuelle et artistique.

MEDIA +

Quelles sont vos priorités chez Troisième Œil Story ?

Sébastien CHARBIT

Deux axes. D’abord, produire des séries de proximité, en France, pour la France. Certaines voyageront. Ensuite, premiumiser l’ensemble de nos contenus. Notre enjeu n’est pas de faire moins cher, mais de faire mieux. Même dans un environnement contraint, nous voulons élever le standard. Nous développons actuellement plusieurs projets éditorialement ambitieux, sur des territoires peu explorés. Nous avons la chance d’avoir des diffuseurs qui nous écoutent et nous accompagnent.

LES DIRIGEANTS
Sébastien Charbit
Directeur général

COORDONNEES
46 avenue de Breteuil
75007 Paris 

DATE DE CREATION
2012

PRODUCTIONS
«Je sais pas», «Face à face » ; « Handi-gang»…

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