Le géant taïwanais des semi-conducteurs TSMC a vu son bénéfice net progresser de 35% au 4T, surfant sur la demande pour les technologies d’IA malgré des «défis» à prévoir sur ses coûts liés à son expansion accélérée. Le mastodonte technologique a publié jeudi un bénéfice net de 505,7 milliards de nouveaux dollars de Taïwan (13,75 milliards d’euros), supérieur au bénéfice de 466,69 milliards de nouveaux dollars de Taïwan estimé par un consensus d’analystes de Bloomberg News. TSMC est le premier sous-traitant mondial pour les puces utilisées dans une large gamme de produits, des systèmes du géant de l’IA Nvidia, aux équipements militaires ou smartphones grand public. Son c.a. a progressé de 20,5% sur la période, à 1.050 milliards de nouveaux dollars de Taïwan (28,55 milliards d’euros), dépassant également les attentes. Si certains observateurs voient dans l’IA une bulle prête à éclater au risque de provoquer une déroute boursière, les résultats de TSMC ont marqué un nouveau sommet pour l’entreprise. «Nous pensons que la demande de semi-conducteurs continuera à être fondamentale», a déclaré le président de TSMC, CC Wei. «En étendant notre présence mondiale tout en continuant d’investir à Taïwan, TSMC pourra rester, pendant des années, le fournisseur de confiance en technologie et en capacité pour l’industrie mondiale des puces pour les années à venir», a-t-il ajouté. TSMC – un baromètre des investissements dans l’IA – prévoit que ses investissements atteignent 56 milliards de dollars cette année. Taïwan est un centre mondial de fabrication des semi-conducteurs, devenu essentiels à l’économie mondiale. Ces résultats sont publiés deux jours après l’annonce par l’île d’un «consensus général» obtenu avec les Etats-Unis, en vue de la conclusion d’un accord commercial, pour voir les droits de douane sur ses exportations réduits et protéger son industrie des semi-conducteurs. Taïwan et les Etats-Unis ont entamé des négociations en avril après que le président américain a menacé d’imposer une taxe douanière de 32% sur les exportations taïwanaises, ensuite abaissée à 20%. Le président taïwanais Lai Ching-te s’était engagé à accroître les investissements taïwanais aux Etats-Unis, ainsi qu’à acquérir de l’équipement militaire et de l’énergie auprès de Washington, pour mettre l’administration de Donald Trump de son côté. Le gouvernement taïwanais cherche à réduire davantage les taxes sur ses marchandises et à éviter de nouveaux droits de douane sur ses exportations de puces électroniques. Washington a en outre annoncé mercredi que les Etats-Unis imposeraient 25% de droits de douane sur les semi-conducteurs qui transiteront via les Etats-Unis avant d’être réexportés vers leur pays de destination. Taïwan subit des pressions pour transférer une part plus importante de sa fabrication de puces sur le sol américain. TSMC s’est engagé l’an dernier à investir 100 milliards de dollars supplémentaires aux États-Unis, mais l’administration américaine a indiqué qu’elle souhaitait que davantage de ses puces soient fabriquées sur son territoire. Le mois dernier, TSMC a annoncé le lancement de la production de puces miniaturisées ultra-performantes de 2 nanomètres, un nouveau seuil industriel ouvrant la voie à des performances accrues pour l’IA. L’expansion mondiale de TSMC, ainsi que «de nouveaux investissements, des technologies spécialisées et des coûts liés à l’inflation», représentent des «défis» en matière de coûts, a averti le directeur financier Wendell Huang. Malgré les pressions américaines et la menace constante d’une invasion de la Chine, qui revendique Taïwan comme faisant partie de son territoire, l’île prévoit de continuer à fabriquer les puces «les plus avancées» sur son sol, a récemment déclaré François Chih-chung Wu l’un des ministres adjoints des Affaires étrangères de Taïwan.


































