Un juge fédéral américain a fixé jeudi à février 2027 la date du procès en diffamation de Donald Trump contre la BBC, à laquelle le président américain réclame 10 milliards de dollars pour avoir réalisé un montage vidéo trompeur de ses propos. En cause, des extraits du discours de Donald Trump, alors président républicain sortant, le 6 janvier 2021, date de l’assaut du Capitole par ses partisans pour empêcher la certification de la victoire de son adversaire, le démocrate Joe Biden. La chaîne britannique avait diffusé, juste avant la présidentielle américaine de 2024, des extraits distincts de ce discours montés de telle façon qu’il semblait appeler explicitement ses partisans à prendre d’assaut le Capitole à Washington. Donald Trump a porté plainte en décembre devant un tribunal fédéral de Floride (sud-est), accusant le groupe audiovisuel public britannique de diffamation et de violation d’une loi sur les pratiques commerciales. Il réclame des dommages et intérêts de 5 milliards de dollars pour chacun des deux motifs. Les avocats de la BBC avaient tenté en vain d’obtenir l’annulation de la plainte, faisant valoir que Donald Trump n’avait pas subi de «préjudice juridiquement reconnaissable», le magazine d’information «Panorama», dans lequel apparaissait ce montage, étant diffusé hors des Etats-Unis. Le président de la BBC Samir Shah avait envoyé en novembre une lettre d’excuses à Donald Trump et la BBC a indiqué «regretter sincèrement la façon dont les images ont été montées». L’affaire a poussé à la démission le DG de la BBC, Tim Davie, et la patronne de BBC News, Deborah Turness. Le président américain a, par le passé, porté plainte ou menacé de le faire contre plusieurs groupes de médias aux Etats-Unis, dont certains ont versé d’importantes sommes pour mettre fin aux poursuites. En décembre 2024, la chaîne ABC News a accepté de payer 15 millions de dollars dans une affaire de diffamation lancée par Donald Trump.
En juillet, CBS (groupe Paramount Global) a dû verser 16 millions de dollars pour clore une autre procédure. Donald Trump a été lui-même poursuivi pénalement pour tentatives illégales d’inverser les résultats de l’élection de 2020. Mais le procureur spécial qui instruisait cette procédure fédérale, Jack Smith, a été contraint d’y mettre fin après la nouvelle élection de Donald Trump en novembre 2024. Lors d’une audition en janvier devant une commission parlementaire, Jack Smith a affirmé que Donald Trump portait une écrasante responsabilité dans l’assaut du Capitole par des centaines de ses partisans, chauffés à blanc par ses accusations sans fondement de fraude électorale. L’enquête a conclu qu’il «était la personne la plus responsable de ce qu’il s’est passé le 6 janvier parce que les événements étaient prévisibles pour lui et que, lorsqu’ils se sont produits, il a tenté de les exploiter pour réaliser son plan», avait détaillé Jack Smith.



































