La chaîne de télévision en langue persane Manoto a annoncé ce lundi 23 février avoir «suspendu temporairement» sa diffusion en direct, expliquant que le propriétaire de ses locaux à Londres lui en avait barré l’accès en raison d’une «menace» de la part de l’Iran.
Cette chaîne de télévision privée, lancée en 2010 et populaire auprès de la diaspora, est l’un des médias en persan opérant hors d’Iran opposés aux autorités de ce pays.
L’Iran a connu un vaste mouvement de contestation réprimé dans le sang en janvier et les communications y restent soumises à des restrictions strictes.
Les «menaces de la République islamique contre la liberté d’expression – visant à réprimer les reportages indépendants – se sont intensifiées», a déclaré la chaîne Manoto dans un communiqué de presse publié ce lundi 23 février.
«A la suite de ces menaces, notre propriétaire nous a informés de son intention de mettre fin à notre bail après avoir reçu une notification de la police antiterroriste britannique concernant une menace potentielle à notre encontre de la part du régime de la République islamique d’Iran», poursuit le communiqué.
Depuis, «l’accès à l’immeuble nous a été refusé», poursuit la chaîne, qui ajoute avoir «suspendu temporairement (ses) émissions en direct le temps de mettre en place des solutions alternatives».
Sollicitée, la police antiterroriste n’a pas répondu dans l’immédiat.
La priorité de la chaîne est «reprendre la diffusion en direct depuis un lieu sûr et stable dans les plus brefs délais», indique encore Manoto.
Autre chaîne en langue persane basée à Londres, Iran International avait dû fermer pendant sept mois en 2023, sur les conseils de la police britannique.
Le ministère britannique des Affaires étrangères avait alors convoqué le plus haut diplomate iranien en poste à Londres pour protester contre de «graves menaces visant des journalistes vivant au Royaume-Uni». En mars 2024, un journaliste d’Iran International avait été agressé au couteau près de son domicile à Londres.



































