La plateforme Tënk, dédiée au genre documentaire, célèbre son 10ème anniversaire en 2026. L’occasion pour media+ les actions engagées pour soutenir la filière documentaire et l’offre proposée avec Mohamed SIFAOUI, Directeur général de Tënk.
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Quelle est l’offre proposée par Tënk ?
Mohamed SIFAOUI
Tënk est né en 2016 à Lussas, le petit village ardéchois autrement appelé «village documentaire», réputé pour accueillir depuis près de 40 ans les États généraux du film documentaire. Tënk est une plateforme indépendante et éditorialisée, mais aussi un diffuseur, pour soutenir la création documentaire. Dix ans après, toujours à Lussas, ce sont 16 salariés qui construisent l’aventure Tënk : la diffusion, la médiation, le soutien à la création, la post-production, la vie coopérative…
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Dix ans après la création de Tënk, quel bilan en tirez-vous ?
Mohamed SIFAOUI
En 10 ans, ce sont plus de 3.500 films qui ont été choisis, diffusés et accompagnés, issus de 130 territoires différents. Des films d’étudiant·es à des films oscarisés, des films censurés pendant des années à des classiques du genre, des films de quelques minutes ou de plus de dix heures… Chaque film est choisi à la main par l’équipe et le comité de programmation. L’accompagnement éditorial est primordial dans l’activité diffusion, tous les titres ont des «avis» signés par les personnes qui les ont programmés.
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Qu’en est-il de l’offre proposée aux abonnés de Tënk ?
Mohamed SIFAOUI
Les abonnés de Tënk ont accès à 90 films constamment, qui se renouvellent par quart chaque mois. Les abonnés accèdent aussi à une cinémathèque unique : 2 000 films à louer, qui s’est construite au fil des années et des programmations. La programmation s’adresse maintenant à 20 000 abonnés individuels en 2025, auxquelles s’ajoutent 160 structures (écoles, universités, médiathèques…) qui permettent à leurs publics de découvrir la plateforme. En 2026, Tënk fait partie des ressources sélectionnées par le ministère de la Culture et de l’Éducation nationale pour le dispositif «Ma classe au ciné» à destination des 78 000 professeurs impliqués.
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Quel regard portez-vous sur la filière documentaire ?
Mohamed SIFAOUI
Si l’aventure Tënk résiste 10 ans plus tard et réunit toujours plus de personnes, elle s’inscrit dans un environnement pourtant fragilisé. Les festivals de films sont contraints de réduire leur activité, voire de disparaître à cause de la baisse des subventions publiques. Les chaînes de télévision continuent à se désengager de la création documentaire au profit du flux. Le CNC est la cible d’attaques répétées de l’extrême droite, mettant en danger la diversité cinématographique. Dans ce contexte, la filière a plus que jamais besoin de diffuseurs indépendants et engagés.
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Dans cet écosystème, quel est l’impact de Tënk ?
Mohamed SIFAOUI
Depuis 2018, Tënk a contribué à hauteur de 1,5 million d’euros au financement des films, correspondant à l’apport numéraire, la valorisation de l’ensemble des temps de travail et des outils de post-production mis à disposition (montage image, montage son, étalonnage, auditorium de mixage) sur sept années de préachat. De plus, nous mettons à disposition des équipes un espace de 110m2 dédié à la post-production, qui a déjà accueilli plus de 250 professionnels.



































