Bernard Arnault tente de rassurer les salariés des «Echos» et de la «Tribune»

Bernard Arnault s’est efforcé mercredi de rassurer les salariés de la «Tribune» et des «Echos» sur ses projets dans la presse, mais les journalistes de ce dernier titre rejettent les mesures «en trompe-l’oeil» censées garantir leur indépendance en cas de rachat par LVMH. Le P.-D.G. du groupe de luxe a rompu le silence qu’il observait depuis l’annonce de l’ouverture de négociations exclusives avec le britannique Pearson, propriétaire des «Echos», pour racheter ce journal. Face à la vive opposition affichée par la rédaction du premier quotidien économique français, qui s’est une nouvelle fois mise en grève mardi, M. Arnault s’est élevé contre les «procès d’intention», dans un long entretien au «Figaro». «Les «Echos» sont et seront totalement indépendants. (…) Je m’y engage: les journalistes auront une latitude absolue pour écrire grace à une politique contractuelle d’indépendance», y déclare-t-il. Confirmant avoir offert 240 millions d’euros pour s’emparer du journal, il explique avoir travaillé avec Pearson sur «une charte déontologique et sur l’instauration d’administrateurs indépendants, dont nous avons dressé la liste et le profil». Ces administrateurs seront chargés du choix ou de la révocation éventuelle du directeur de la rédaction. Interrogé sur RMC/BFM TV, le Premier ministre François Fillon, auquel les journalistes des «Echos» avaient adressé une lettre ouverte, a déclaré avoir «compris que les journalistes des «Echos» demandaient à Bernard Arnault des garanties et (avoir) compris aussi que Bernard Arnault était prêt à donner des garanties». Mais pour la rédaction des «Echos», cette indépendance n’est qu’un «trompe-l’oeil».

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