L’annonce le 8 janvier de la suppression de la publicité sur les chaînes publiques a provoqué de nombreux remouds dans le paysages audiovisuel français. Dernier en date: la manifestation, le 13 février, de l’intersyndicale et des salariés du service public, qui a abouti à une réunion avec Nicolas Sarkozy aujourd’hui. Rencontre avec Jean-François Téaldi, reporter à France 3 et secrétaire général du SNJ-CGT.
média+ : Qu’attendez-vous de la rencontre avec Nicolas Sarkozy?
Jean-François Téaldi : On attend qu’il nous explique exactement ce qu’il veut faire. Pour l’instant, à part vouloir supprimer la publicité et créer un manque à gagner pour France Télévisions qui s’évalue à 1,2 milliard euros par an, on peut dire que c’est un flou artistique complet. Tout le monde, tant les syndicats de l’audiovisuel public que les industriels privés, s’accorde pour dire aujourd’hui que son plan de remplacement pour combler ce vide ne tient pas la route. On attend qu’il nous donne des explications sur d’autres moyens de financement que celui qu’il a proposé.
média+ : D’après vous, quelles seraient les solutions ?
Jean-François Téaldi : Il en a au moins trois. La 1ère est l’augmentation de la redevance. Elle doit être rapportée à un niveau moyen par rapport aux autres pays européens. La redevance approche les 200 euros en Angleterre et en Allemagne alors que celle de la France est à 116 euros. Pour nous, la solution serait d’arriver, par paliers de 10 euros à ce niveau moyen. Ce serait la garantie d’un financement public sur la durée avec une taxe affectée qui nous permettrait de remplir nos missions, et ce, malgré le fait que le président dise que le pouvoir d’achat est en baisse. Ce que Nicolas Sarkozy ne dit pas, lorsqu’il déclare qu’il ne peut pas augmenter la redevance due aux problèmes de la baisse du pouvoir d’achat c’est que de toutes façons les Français paieront d’une manière ou d’une autre. Il a prévu de mettre une taxe sur les opérateurs de téléphonie, il a éventuellement prévu de taxer la publicité sur les chaînes privées. On sait très bien que lorsque nous achetons des produits de consommation, la publicité est incluse dans le prix, donc ce dernier augmentera. Il a aussi prévu de taxer les téléviseurs donc s’ils sont taxés, les industriels vont augmenter les coûts de vente des téléviseurs, là encore, les Français paieront. Il faut qu’il ait le courage politique d’augmenter la redevance, qui n’a pas augmenté depuis 7 ans, pour la porter au niveau moyen européen. Pourquoi les Anglais et les Allemands paieraient plus cher que les Français pour avoir une télévision publique de qualité ? Au-delà de la redevance, la 2ème solution est la diversification de ressources propres c’est-à-dire l’augmentation du parrainage et des partenariats. La 3ème proposition serait de permettre aux sites Internet des chaînes du groupe de France Télévisions de conserver la publicité.
média+ : Si vous n’êtes pas satisfait de la rencontre du président, faudra t’il s’attendre à d’autres manifestations ?
Jean-François Téaldi : La rencontre d’aujourd’hui n’est que la 1ère. Je pense et j’espère que nous serons associés à la réflexion de la commission dite «Copé» qui va regrouper les parlementaires de tous bords. La discussion de la loi qui reformera l’audiovisuel public, prévue pour le mois de juin, semble reportée en septembre voire après. D’ici là, chaque fois que l’on négociera et qu’on ne nous écoutera pas, on rappelera de nouveau à la mobilisation.




































