A. NIVAT/J. PLANCHON (3ème Œil): «Nous sommes anti-formatage»

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Après plusieurs numéros diffusés la saison dernière sur RMC Story, le magazine «Dans quelle France on vit» est de retour, ce lundi 2 décembre à 20h55. Tour d’horizon avec Anne NIVAT, Journaliste & Coproductrice, et Justine PLANCHON, Directrice des Programmes de 3ème Œil Production.

Comment la collaboration entre 3ème Œil Production et Anne Nivat a-t-elle débuté ?

Justine PLANCHON : La collaboration a été évidente. Notre envie commune est d’être dans la transmission mais aussi le partage. Par ailleurs, nous avons un regard similaire sur ce que doit être la télévision. Anne Nivat incarne un journalisme que l’on voit peu aujourd’hui. C’est une vraie fierté de pouvoir coproduire avec elle «Dans quelle France on vit» pour RMC Story. Nous avons entamé la 2ème saison. Il y a 4 numéros par an. Et ce lundi 2 décembre, Anne Nivat s’intéresse à cette France qui se radicalise (gilets jaunes, militants de la cause animale, écologistes de l’extrême, protecteurs de migrants,…).

Peut-on parler de journalisme engagé ?

Anne NIVAT : Si par engagé, vous entendez «passionné» et «sans limite», c’est exact ! Avoir également une casquette de coproductrice, en plus de journaliste, induit une implication totale. «Dans quelle France on vit» est un programme dans lequel nous sommes sans filet et sur le fil du rasoir. Notre but est d’approcher de la réalité. C’est pourquoi, sur le terrain, nous faisons appel à deux cameramen et un ingénieur pour mieux capter les situations. Le prochain numéro se focalisera sur les forces de l’ordre et les malaises auxquels ils font face.

Il y a pléthore de documentaires qui traitent de la société. Comment marquez-vous la différence ?

Justine PLANCHON : En libérant la parole, sans formatage. Anne Nivat en a la capacité. Elle apporte un traitement très humain. Et même si les budgets de cette typologie de documentaires sont maîtrisés, à partir du moment où il y a de l’envie, du talent et de la conviction, le plus important est fait.

Les documentaires incarnés ont-ils beaucoup évolué ces derniers temps ?

Anne NIVAT : Ce qui est formidable, c’est la pluralité de l’offre à la télévision. Il y en a pour tous les goûts. Et même s’il y a pu avoir une tendance à une certaine uniformisation, on en sort. Concernant l’incarnation, c’était une évidence que je sois à l’image. J’ai besoin de montrer à mon interlocuteur que je suis avec lui. Je ne peux pas supporter l’idée qu’il y ait un fossé entre l’intervenant et moi-même.

Les stéréotypes à la TV dans les documentaires sont-ils encore très présents ?

Justine PLANCHON : Je suis anti-formatage. C’est pourquoi on essaie de casser les codes du documentaire en allant chercher une écriture différente. C’est de la haute couture. Tout est travaillé dans le détail pour faire en sorte que ce ne soit pas un énième reportage.

Sur quels projets travaillez-vous ? Justine PLANCHON : 3ème Œil Production développe des documentaires avec les plateformes de streaming. L’international est devenu une évidence. Nous travaillons avec les talents pour dépasser nos frontières et mettre en place des coproductions internationales. Il y a des productions en cours avec le chanteur Orelsan sur une création originale pour Amazon, mais aussi un documentaire sur la thématique sportive pour Netflix. On cherche à sonder la société à travers ceux qui l’incarnent. Et avec Anne Nivat, nous avons aussi des projets.