Accident «Dropped» (TFI) en Argentine en 2015 : la société de production ALP condamnée en appel pour «faute inexcusable»

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La société de production ALP a été condamnée en appel à Amiens pour «faute inexcusable» et devra indemniser la famille d’un ingénieur du son victime de l’accident mortel d’hélicoptères survenu sur le tournage de «Dropped» (TFI) en Argentine en 2015.

Cette décision confirme le jugement du 7 janvier 2021 rendu par le pôle social du tribunal judiciaire de Laon, estimant que l’accident mortel lors duquel Edouard Gilles, recruté comme chef ingénieur du son, a été tué est imputable à «la faute inexcusable» de la société Adventure Line Productions» (ALP).

La société de production avait fait appel de sa condamnation en première instance. La cour d’appel d’Amiens a condamné la société spécialiste des jeux télévisés d’aventure, qui produit également «Koh-Lanta» ou «Fort Boyard», à verser la somme totale de 90.000 euros de dommages et intérêts à la veuve et aux deux fils d’Edouard Gilles mort à l’âge de 61 ans, contre 80.000 en première instance.

«C’est un soulagement, ça fait des années que je suis sur ce procès et qu’ils ne veulent pas reconnaître qu’ils sont coupables», a réagi Gisèle Gilles, veuve de l’ingénieur du son. Le 9 mars 2015, le tournage de ce jeu d’aventures avait tourné au drame: deux hélicoptères étaient entrés en collision en plein vol, causant la mort de dix personnes dont trois sportifs français de haut niveau, la navigatrice Florence Arthaud, le boxeur Alexis Vastine et la nageuse Camille Muffat, ainsi que plusieurs personnes employées par la société de production ALP. L’émission devait être diffusée durant l’été 2015 sur TF1.

Les sportifs français devaient être largués dans des zones isolées et mis au défi de retrouver la «civilisation» en moins de 72 heures. Plusieurs procédures d’indemnisation sont en cours en France. En 2021, la société ALP a été mise en examen pour «homicides involontaires».

Cette étape, prélude à la décision sur un éventuel procès, était attendue après de précédentes mises en examen: celle en février 2019 du Suédois Peter Högberg, «chargé de sécurité lors du tournage», puis en octobre 2020 de Nicolas Roussel, directeur de production de l’émission. Les juges français soupçonnent désormais une «faute caractérisée» des mis en examen: avoir sous-évalué le budget affecté aux moyens aériens et privilégié les critères financiers dans le choix des pilotes et des hélicoptères, «au détriment de la sécurité des personnes».