Antoine de Caunes, bientôt de retour sur Canal+

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Antoine de Caunes, 59 ans, bientôt de retour sur Canal +, est un polyvalent de la télé, où son impertinence faisait autrefois merveille, et du cinéma, où il privilégie une veine assez sombre, au risque de déstabiliser son public. 

Ancienne vedette de «Nulle Part Ailleurs» à la grande époque où Philippe Gildas animait l’avant-soirée en clair de la chaîne à péage, il va succéder à Michel Denisot pour présenter à la rentrée un «Grand journal» remanié. Réalisateur et producteur, acteur et présentateur, scénariste et doubleur, Antoine de Caunes revendique la liberté d’être passé par la culture pop, la télévision et un cinéma classique : «je suis incapable de me cantonner dans un registre et j’ai horreur des étiquettes». Né le 1er décembre 1953 à Paris, Antoine de Caunes ne pouvait éviter de tomber dans la marmite audiovisuelle: issu d’une famille plus saltimbanque que géomètre, il est le fils de Georges, pionnier décomplexé du petit écran, et de Jacqueline Joubert, célèbre speakerine. C’est dans les émissions musicales «Chorus», «Les Enfants du rock» – il écrira en 2010 un «Dictionnaire amoureux du rock» – et «Rapido» que le jeune homme remuant et touche-à-tout fait, à la fin des années 70, ses premières armes d’animateur télé. Il utilise déjà un phrasé à la mitraillette qui va le rendre célèbre et lui permettre de faire plus tard carrière au Royaume-Uni dans l’émission burlesque «Eurotrash». De 1987 à 1995, dans «Nulle part ailleurs», il fait les beaux jours de Canal + avec son complice José Garcia. Déguisé en boy-scout ou en rocker à banane, il incarne des personnages délirants comme Ouin-Ouin, dit Pine d’huître, Gilles Gros-Paquet, Raoul Bitembois, Claudio Schoufleur, David Copperflou ou Péteur Pan. Son surnom à l’époque? «Déconne !». Mais la télé le fatigue: elle «vous donne une telle assurance de votre talent, qu’à un moment, vous perdez de vue l’essentiel : s’oublier». Grâce au cinéma, il va casser l’image d’homme-sandwich de Canal + : «J’ai coupé avec la télé. J’en ai fait vingt ans, dont sept de quotidienne, j’en ai tiré tout le plaisir qu’on pouvait en tirer. C’était devenu une machine infernale». «Je vais m’intéresser davantage aux rôles sombres qu’aux comédies délirantes qu’on ne cesse de me proposer», dit-il en 1998. Du coup, un nouveau de Caunes va apparaître, de la fantaisie en moins, de la densité en plus. Il est acteur pour Michel Deville («La divine poursuite», 1997), Claude Chabrol («Au coeur du mensonge», 1999) ou Jean Girod («Un ami parfait», 2006). Son interprétation dans «L’Homme est une femme comme les autres», de Jean-Jacques Zilbermann, lui vaut d’être nommé au César 99 du meilleur acteur. 

Tout en prêtant sa voix pour les versions françaises de films d’animation comme «Stuart Little», le souriceau, le comédien passe à la réalisation avec «Les Morsures de l’aube» (2001), un thriller gothique qui reçoit une critique mitigée, «Monsieur N» (2003), sur Napoléon à Sainte-Hélène, un échec commercial. Il dirige Jean Rochefort et Charlotte Rampling dans la comédie romantique «Désaccord parfait» (2006). Deux ans après, il ressuscite Coluche sous les traits de François-Xavier Demaison. Lauréat de trois «7 d’or», Antoine de Caunes, qui a présenté 9 fois la cérémonie des César, s’investit aussi, depuis dix ans, dans l’association «Solidarité Sida» dont il est le président d’honneur.