L’animateur et journaliste Samuel Etienne a égratigné mardi la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, lui reprochant de passer «à côté de l’essentiel» lors de son audition marquée par des échanges acerbes avec le rapporteur Charles Alloncle.
«Pour l’heure, beaucoup des questions posées dans le cadre de cette commission me semblent passer peut-être à côté de l’essentiel», a lancé le présentateur de «Questions pour un champion» sur France 3, également très suivi sur la plateforme en ligne Twitch, filiale du géant américain Amazon, où il anime une revue de presse quotidienne. «L’audiovisuel public, il n’a pas besoin d’être affaibli» mais «renforcé», car «les médias traditionnels sont confrontés à un défi qui est terrible : la fuite massive des téléspectateurs, des auditeurs, des lecteurs (…) vers les plateformes, vers les réseaux sociaux, essentiellement contrôlés aujourd’hui par des pays étrangers, États-Unis et Chine, pour ne pas les citer», a-t-il développé durant son propos liminaire.
Son audition, conjointe à celle du journaliste défenseur de l’environnement Hugo Clément, a ensuite donné lieu à plusieurs échanges acerbes avec le député ciottiste de l’UDR Charles Alloncle. Notamment lorsque ce dernier a reproché plusieurs fois à cette «figure qui incarne l’audiovisuel public» de s’autoriser des prises de position personnelles contre «les idées du RN» sur Twitch. Samuel Etienne a assumé de qualifier le Rassemblement national de «parti d’extrême droite» et signifié à Charles Alloncle que son parti en était un allié, «pour contextualiser», a-t-il dit. Il a également rappelé qu’il n’était plus salarié de France Télévisions depuis que «Questions pour un champion», longtemps quotidienne, avait été reléguée le week-end sur France 3, «une mauvaise décision», a-t-il maintenu devant les députés.
Samuel Etienne présente désormais le jeu en tant que salarié de la société de production Fremantle, après une «rupture conventionnelle» avec France Télévisions, pour laquelle il dit ne pas avoir eu le choix. Le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus, s’est interrogé sur ce «montage», qui pourrait s’apparenter selon lui à du «salariat déguisé» de la part du groupe public. Charles Alloncle a ensuite questionné l’engagement écologique d’Hugo Clément, qui anime et produit l’émission d’enquêtes environnementales «Sur le front» sur France Télévisions.
Il a notamment fait le lien entre ses prises de position contre l’élevage intensif de poulets et de récentes pénuries d’oeufs en France, et lui a demandé s’il ne ressentait pas «une forme de responsabilité». «Est-ce que je suis responsable de la pénurie d’oeufs en France ?», a ironisé Hugo Clément, avant d’assumer son engagement et de rappeler qu’il n’était pas non plus salarié de France Télévisions. L’animateur, qui co-produit également l’émission «Quelle époque» de Léa Salamé le samedi soir, a assumé son opposition publique à la loi Duplomb, qui prévoit la réintroduction d’un pesticide interdit. «Je suis libre, je dis ce que je veux, que ça plaise ou non», a-t-il ajouté, disant ne pas tenir compte des étiquettes qu’on lui colle, «parfois facho», «parfois bobo».



































