B. TEROUANNE (Groupe M6) : «L’âge d’or de la série ne se résume plus à l’offre des studios américains»

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Lancement ce jeudi 28 mars en Prime Time sur M6 de «9-1-1» (20th Century Fox Television), la dernière série à succès de Ryan Murphy. L’occasion de nous entretenir avec Bérengère TEROUANNE, nommée depuis janvier dernier, Directrice des acquisitions du Groupe M6. Rencontre.

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Quels sont les principaux critères d’acquisitions d’une série étrangère sur M6?

Bérengère TEROUANNE

Pendant des années, notre politique commerciale était basée sur des «output deals» avec les studios. Aujourd’hui, notre politique d’acquisition consiste à trouver le bon contenu pour la chaîne, sans avoir d’accord cadre. «9-1-1» est la bonne illustration de notre démarche puisque c’est la première série que nous avons achetée pour ce qu’elle est, hors cadre général. Depuis toujours, M6 construit sa politique de contenus sur la série américaine qui s’adresse à un large public en Prime Time. «9-1-1» répond à ces critères tout en apportant une certaine modernité. Nous sommes dans les codes de la série américaine, dans l’univers des urgentistes, avec une écriture basée sur le parcours des personnages ainsi que leur vie privée.

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Cette logique d’acquisition «au cas par cas» est une tendance généralisée dans l’audiovisuel…

Bérengère TEROUANNE

Oui, nous nous adaptons au secteur. Le marché américain a subi une mutation ces dernières années. Il propose un contenu de plus en plus centré sur des problématiques américaines. A nous de regarder plus précisément les contenus pour être certain que l’offre séduise le public français. La démarche est également économique.

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Testez-vous de nouveaux modèles d’acquisition/coproduction ?

Bérengère TEROUANNE

Oui, avec Disney nous avons co-financé et co-développé un concept de série, «Reef Break» (titre de travail) construit autour de l’actrice Poppy Montgomery. Nous sommes partis quasiment d’une feuille blanche. Aujourd’hui, le projet est en cours de production avec la chaîne ABC qui est montée dans le plan de financement. Ça montre aussi que nous pouvons réfléchir à des schémas différents. 

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Le Groupe M6 souhaite-t-il collaborer avec les plateformes de SVOD ?

Bérengère TEROUANNE

Pour l’instant, nous n’avons pas concrétisé d’acquisition de programmes en partenariat avec des plateformes. Mais à l’évidence, ces dernières ont une démarche exclusive sur leurs propres contenus. Après, on ne s’interdit rien. Une grande partie du public de M6 consomme aussi ces offres. C’est pourquoi, ça ne sert à rien de fermer les écoutilles et de vivre dans un monde clos.

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Le renouvellement des séries historiques de M6 se fait-il automatiquement ? 

Bérengère TEROUANNE

Chaque série est un cas particulier, selon les accords que l’on a pu mettre en place avec les ayants droit. Il n’y a pas un schéma commercial unique. Pour certaines, c’est automatique, pour d’autres ça se renégocie. Par exemple, nous sommes très satisfaits de renouveler chaque année «NCIS».

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Quelle est votre feuille de route ?  

Bérengère TEROUANNE

Se concentrer d’abord sur des achats «coup de cœur». L’âge d’or de la série ne se résume plus à l’offre des studios américains. On souhaite élargir notre horizon. C’est pourquoi, nous observons attentivement le marché européen. Nous cherchons des opportunités plus surprenantes. Le challenge pour un groupe comme M6 est de trouver un pont entre l’offre classique que nous proposons jusqu’à présent, et la découverte d’une offre un peu différente. Notre souhait est de nous affranchir des modèles existants et de saisir des opportunités à travers des contenus qui viendraient surprendre le public tout en s’inscrivant dans cette démarche de divertissement et de spectaculaire propre à la chaîne.