Deux ans après son lancement, TF1+ s’est imposée comme un pilier stratégique du Groupe TF1. Gratuit, puissant et en forte croissance, le service de streaming accélère son développement entre innovation publicitaire, diversification des contenus, nouveaux usages et déploiement international. Claire Basini, directrice générale adjointe en charge des activités BtoC, dresse un bilan détaillé et trace les grandes perspectives de la plateforme.
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Quel bilan stratégique tirez-vous aujourd’hui de TF1+ ?
CLAIRE BASINI
Nous sommes clairement dans une phase d’accélération. Les chiffres le montrent, tout comme la dynamique des usages. Dès le lancement de TF1+, notre objectif était très clair : comme avec nos chaînes, nous voulions toucher tous les Français. Cela impliquait trois piliers fondamentaux: la gratuité, l’accessibilité dans tous les environnements, et une expérience utilisateur extrêmement simple, fluide, intuitive. Très rapidement, les utilisateurs ont répondu présents. Et les annonceurs aussi, car TF1+ repose sur une double dynamique : BtoC avec le grand public, et BtoB avec les agences et les marques. Aujourd’hui, deux ans après, les résultats sont très solides. En 2025, nous avons réuni un peu moins de 38 millions de streamers chaque mois, avec des pics à 42 millions. Chaque jour, ce sont en moyenne 5 millions de personnes qui utilisent TF1+. Nous sommes le leader du streaming premium gratuit, avec 1,2 milliard d’heures vues sur l’année 2025. Depuis le lancement, cela représente plus de 6 milliards de vidéos vues.
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Pouvez-vous nous donner des exemples concrets de ces formats ?
CLAIRE BASINI
Parmi les dispositifs emblématiques, il y a par exemple Cover+, qui permet à un annonceur d’occuper le premier écran de la homepage de TF1+. C’est un espace très éditorial, immersif, avec un grand bandeau visuel ou vidéo. Nous avions anticipé un certain volume de campagnes… et nous en avons finalement réalisé beaucoup plus que prévu. Nous avons aussi développé de très belles opérations spéciales, avec de la curation de contenus réalisée avec les marques, autour de thématiques spécifiques. Et aujourd’hui, nous allons encore plus loin avec des formats orientés performance, comme le «Send to Phone». Concrètement, lorsqu’un téléspectateur voit une publicité et manifeste un intérêt, il peut, en un clic sur sa télécommande, recevoir sur son téléphone une offre promotionnelle, une information ou une prise de rendez-vous. C’est extrêmement puissant.
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La data occupe désormais une place centrale dans la stratégie des plateformes…
CLAIRE BASINI
La data est au cœur de notre modèle, comme elle l’est déjà sur nos chaînes. Nous investissons près d’un milliard d’euros par an dans les contenus, proposés gratuitement, en échange de l’acceptation de la publicité. Cette relation repose sur le consentement de l’utilisateur, qui choisit d’accepter ou non la publicité personnalisée. Et s’il le souhaite, il peut aussi opter pour une offre sans publicité via l’abonnement. La data est bénéfique pour les deux parties. Pour l’utilisateur, elle permet de recevoir des messages plus pertinents. Pour l’annonceur, elle rend possible un ciblage extrêmement fin, en fonction de ses enjeux marketing. Notre priorité est donc de développer une data first party robuste, en incitant les streamers à accepter de partager certaines informations. En parallèle, nous travaillons avec une vingtaine de partenaires data, notamment dans le retail. Cela permet par exemple de cibler des foyers selon leurs habitudes d’achat, toujours dans un cadre strictement encadré.
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Vous avez récemment lancé TF1 Ad Manager. Quelle est la philosophie de cette plateforme ?
CLAIRE BASINI
Le digital impose des usages simples, rapides et immédiats. Nous avons donc voulu appliquer aux annonceurs la même logique que celle que nous avons développée pour le grand public. TF1 Ad Manager permet aux marques d’acheter de manière autonome leur inventaire publicitaire, sur le linéaire comme sur le digital, en choisissant leur budget, leurs dates, leurs cibles et leurs objectifs. Tout peut se faire en moins de quatre minutes. L’objectif est clair : faciliter la commercialisation, offrir une vision en temps réel des performances, permettre d’ajuster ou d’amplifier une campagne très facilement. À terme, tout sera centralisé sur un seul et même espace.
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Et côté contenus ?
CLAIRE BASINI
Au lancement, TF1+ proposait environ 15 000 heures de programmes. Deux ans plus tard, nous en proposons plus de 36 000. Le cœur de la plateforme reste évidemment les contenus du groupe TF1, très puissants en fiction française, divertissement et information. Mais nous complétons cette offre avec des contenus spécifiquement pensés pour le digital. Nous avons par exemple lancé les télénovelas sud-américaines, qui rencontrent un immense succès. Plus récemment, nous avons introduit les séries coréennes, les K-dramas, qui n’existent pas sur nos antennes. Nous proposons également environ 500 films en permanence, mêlant blockbusters familiaux incontournables et films plus récents, accessibles gratuitement ou via des options payantes. Enfin, nous avons ouvert TF1+ à d’autres éditeurs : Arte, L’Équipe, Le Figaro, LCP, Public Sénat, et bientôt d’autres partenaires. L’objectif est d’enrichir la proposition pour nos streamers, tout en offrant aux éditeurs tiers un complément de reach très puissant.
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TF1+ est-elle devenue un véritable laboratoire créatif du groupe ?
CLAIRE BASINI
L’innovation est au cœur de la plateforme, aussi bien pour l’expérience utilisateur que pour la monétisation. Un exemple très fort est le lancement du micro-paiement. Nous proposons, à moins d’un euro, des avant-premières de séries, des contenus sans publicité. C’est une approche totalement nouvelle dans notre secteur.
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À l’aube de sa troisième année, quels sont les grands axes de développement de TF1+ ?
CLAIRE BASINI
Ils sont multiples. D’abord, le micro-paiement, que nous allons continuer à enrichir. Ensuite, la gamme de solutions publicitaires va s’élargir pour répondre tout aussi bien aux enjeux branding et de performance des marques. Le développement international est également clé : TF1+ est désormais présent dans 26 pays, notamment en Afrique francophone depuis juillet. La croissance est forte, mais les usages doivent encore se structurer. Enfin, le déploiement de notre partenariat stratégique avec Netflix: avant l’été, les cinq chaînes du groupe TF1 et nos contenus en streaming seront disponibles sur Netflix. C’est un projet d’envergure, pour nous comme pour eux.



































