De George Orwell à Lucky Luke, face à l’application pour smartphone StopCovid, les députés font appel à la littérature

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George Orwell, Aldous Huxley, Hannah Arendt, Faust et même Lucky Luke: face à l’application pour smartphone controversée StopCovid, les députés ont fait appel à la littérature. C’est surtout dans les rangs des opposants à cet outil de traçage que les références se sont multipliées, lors du débat au Palais Bourbon. Plusieurs élus ont fait allusion au roman d’anticipation dystopique «Le meilleur des mondes» d’Aldous Huxley, à l’instar du député PCF Stéphane Peu, évoquant une «porte entrebâillée» vers «la société de la surveillance et du contrôle». Le chef de file des élus LR Damien Abad a, lui, dénoncé un «pas de plus, même prudent», vers une société «orwellienne». Il a aussi critiqué «une application mort-née, qui arrive trop tard, un peu comme la cavalerie qui arrive toujours après la bataille dans les bandes dessinées de Lucky Luke». Son collègue Aurélien Pradié a renchéri en convoquant la philosophe Hannah Arendt pour évoquer «le plus grand danger qui guette les hommes libres: l’abandon passif» des libertés fondamentales. Charles de Courson (Libertés et Territoires) a lancé pour sa part à la majorité: «réveillez-vous! (..): StopCovid est un pacte faustien qui consiste à nous vendre plus de sécurité sanitaire contre moins de liberté». La ministre de la Justice Nicole Belloubet a rétorqué qu’il n’y avait «pas de pacte faustien»: «si Faust cherchait la jeunesse éternelle, nous je crois que nous n’abandonnerions pas de libertés, qu’en revanche nous risquerions de gagner quelques vies». Et d’insister: «Ici, comme dans Faust, ce serait la liberté qui guiderait le bal».