Des organisations appellent le gouvernement à reporter la fermeture de la chaîne publique France 4

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Une société de droits d’auteurs, la SACD, et une organisation de producteurs audiovisuels, le SPFA, ont appelé mardi le gouvernement à reporter la fermeture de la chaîne publique France 4, prévue en 2020, pour mieux préparer son remplacement par une plateforme numérique dédiée aux enfants.

Dans une lettre adressée début juin au président Emmanuel Macron, et rendue publique à l’occasion du Festival du film d’animation qui se tient cette semaine à Annecy, le directeur général de la SACD, Pascal Rogard, et le président du SPFA Philippe Alessandri ont alerté contre «le chaos» qu’entraînerait une fermeture de la chaîne en septembre 2020. Il y a un an, l’ancienne ministre de la Culture Françoise Nyssen avait annoncé l’arrêt de France 4, chaîne de France Télévision dédiée notamment aux jeunes publics et diffusée sur la TNT, au profit d’une diffusion 100% numérique de ses programmes.

Parallèlement, les programmes pour enfants diffusés sur d’autres chaînes du groupe doivent être maintenus.Mais cette décision (tout comme l’arrêt annoncé d’une autre chaîne publique, France Ô, dédiée aux outremers) avait suscité de nombreuses critiques, relatives notamment à la protection de la jeunesse (plus difficile à assurer en ligne) et au financement de la filière française du dessin animé, très dépendante des commandes de France 4. Des inquiétudes relayées par la SACD et le SPFA, qui craignent que la nouvelle offre numérique qui doit remplacer France 4 n’ait pas le temps de s’installer, face à une concurrence exacerbée avec le lancement attendu de nouvelles plateformes de vidéo en ligne, dont celle de Disney. Risquant, au passage, de déstabiliser financièrement les studios d’animation hexagonaux.

Ils proposent donc de reporter l’arrêt de France 4 tant que deux conditions n’auront pas été réunies : la couverture totale de la France en très haut-débit (pour que tous les foyers puissent accéder à l’offre en ligne) et «une évaluation de la nouvelle plateforme numérique, dans un délai de 18 à 24 mois suivant son lancement, pour s’assurer de sa performance et de son usage».

Le respect de ces conditions tendrait à repousser la fermeture de France 4 à 2022, soit l’horizon auquel l’ensemble du territoire doit avoir accès à l’Internet en très haut débit.Récemment, le quotidien «Les Echos» avait affirmé que l’idée d’un tel moratoire faisait son chemin au sein de l’exécutif, et un porte-parole de l’Elysée avait assuré au journal que si la fermeture de la chaîne était bien toujours programmée pour 2020, elle n’interviendrait que si «toutes les conditions [sont] réunies».