Des salariés de Scopelec, sous-traitant d’Orange, ont manifesté mardi devant le siège du géant français des télécoms à Issy-les-Moulineaux

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Environ 200 salariés de Scopelec, sous-traitant d’Orange, ont manifesté mardi matin devant le siège du géant français des télécoms à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) pour protester contre la procédure de sauvegarde dans laquelle est leur employeur après le perte d’importants contrats avec l’opérateur.
Scopelec, le plus gros groupe coopératif de France fort de 3.600 salariés, qui s’occupe de l’installation de la fibre, a perdu 65% de ses contrats de sous-traitance avec Orange en novembre 2021, à l’issue d’un appel d’offres.
Cette perte, qui doit prendre effet le 31 mars, va lui faire perdre environ 40% de son chiffre d’affaires, estimé à 475 millions d’euros en 2021.
«On sait qu’il y aura des emplois de perdus. Notre branche ne fait pas partie de celles où il y a des reprises obligatoires des contrats de travail», a regretté Vincent Tomassetti, responsable du CSE de Setelen, une filiale de Scopelec.
Comme lui, environ 200 salariés sont venus de toute la France près de Paris mardi matin pour demander à Orange, qui a un partenariat avec Scopelec depuis 1973, un accompagnement financier. «Ils ne veulent pas nous aider alors qu’on a besoin d’indemnités ou de travail. Ils disent que Scopelec n’a pas fait son boulot et qu’on aurait dû anticiper une restructuration», a expliqué Frédéric Mazars, délégué syndical FO Scopelec, à l’issue d’une réunion de plus d’une heure avec la direction d’Orange.
«Tous les quatre ans, ils nous font du chantage, ils font un appel d’offres pour trouver qui est prêt à faire le boulot le moins cher mais, à chaque fois, c’est au détriment de la sécurité et de la qualité» du réseau, a tonné pour sa part Rachid Addou, venu de Perpignan.
«Le non-renouvellement du contrat avec Scopelec s’inscrit dans un contexte général de baisse d’activité sur l’entretien du réseau cuivre et de l’installation de la fibre: Orange s’attend à ce que cette activité diminue de 20% sur les prochaines années», avait indiqué ce lundi 21 mars Marc Blanchet, directeur technique et du système d’information d’Orange France.
«Il y a une demande de qualité accrue chez les clients: on ne supporte pas qu’un technicien n’arrive pas dans le créneau de deux heures qui a été fixé», avait-il également expliqué.