Diana RAMAROHERTA (OIF) : «54% des films d’origine africaine présentés en festivals entre 2020 et 2024 ont été financés par l’OIF»

Diana RAMAROHERTA (OIF) : «54% des films d’origine africaine présentés en festivals entre 2020 et 2024 ont été financés par l’OIF»
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À l’occasion d’un événement dédié à la Francophonie dans le cinéma, l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) a dressé le bilan de son accompagnement envers la filière. L’occasion pour media+ d’évoquer les actions de l’Organisation avec Diana RAMAROHERTA, Directrice Culture de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF).

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Quelle est la mission de l’OIF ?

Diana RAMAROHERTA

À travers sa Direction de la langue française dans la diversité des cultures francophones, l’OIF a pour mission de promouvoir la diversité culturelle et linguistique, en renforçant les industries culturelles et créatives de l’espace francophone. Pionnière dans l’appui à la production cinématographique et audiovisuelle des pays du Sud, l’OIF a ainsi soutenu plus de 2.000 films issus de 35 pays en près de 40 ans. Au-delà de l’appui financier, nous accompagnons les opérateurs dans la structuration de toute la chaîne de valeur du cinéma, un levier essentiel pour une meilleure découvrabilité des contenus culturels francophones.

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L’OIF accompagne de nombreuses productions. Quel bilan tirez-vous des films sélectionnés dans les festivals en 2025 ?

Diana RAMAROHERTA

2025 a été une année record, avec 24 sélections dans les 10 plus grands festivals internationaux. Cela traduit le potentiel du cinéma francophone et l’importance, pour nous, de défendre la pluralité des récits. Au fil des années, une nouvelle génération de cinéastes talentueux a émergé, et notre soutien leur a permis de développer et produire leurs films pour les emmener vers d’autres publics et d’autres marchés. La preuve : 54% des films d’origine africaine présentés en festivals entre 2020 et 2024 ont été financés par l’OIF.

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Qu’en est-il de l’investissement apporté par l’OIF ?

Diana RAMAROHERTA

Les financements accordés ont largement contribué à cet essor : le nombre de sélections en festival est directement corrélé au montant des investissements. Notre contribution, comprise entre 13% et 31% du budget selon les films, reste variable. Mais notre soutien apporte un levier décisif dans la recherche de financement. De même, l’OIF permet de soutenir des films dans des pays qui n’ont malheureusement pas le dispositif nécessaire pour appuyer leur production. Nous contribuons donc à plus d’égalité dans un monde où le numérique tend à invisibiliser les plus fragiles.

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La part des films accompagnés va-t-elle évoluer en 2026 et 2027 ?

Diana RAMAROHERTA

La diminution généralisée des aides au développement et à la culture est une réelle menace, à laquelle l’OIF répond de deux façons. D’abord, par une refonte de nos règlements pour sacraliser nos priorités : les coproductions entre États francophones, la diversité culturelle et l’équilibre entre régions, la place des femmes et des jeunes, et aussi un accompagnement non financier renforcé, directement sur les films (consultance en scénario ou montage), ou indirectement via le renforcement des producteurs, avec le Parcours panafricain de production, qui a déjà touché 140 producteurs et productrices en deux ans. Nous avons également mis l’accent sur la recherche de partenariats et le renforcement des fonds nationaux lorsqu’ils existent.

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À l’ère de l’IA, quel regard portez-vous sur le développement de ces technologies pour les productions ?

Diana RAMAROHERTA

L’OIF est très attentive aux prises de position des professionnels francophones du cinéma sur l’IA. C’est une opportunité pour les créateurs du Sud et leur souveraineté, à condition qu’elle ne menace pas la créativité humaine et qu’une juste rémunération des artistes soit garantie. Par ailleurs, dans un écosystème où la consommation est dictée par les algorithmes, il est essentiel de rendre ces productions plus visibles. Les festivals y contribuent, mais ne suffisent plus : d’où nos actions en faveur de la découvrabilité des contenus culturels francophones, pour qu’ils ne soient pas invisibilisés et pour encourager leur consommation par le public.

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