média+ : Vous êtes le 3ème producteur de fictions destinées aux prime time (septembre 2005-août 2006). Quels sont vos projets ?
Jean-Luc Azoulay : En ce moment, nous préparons pour TF1 la suite de «Navarro» qui s’appelle «Brigade Navarro». Il y a eu deux pilotes qui ont très bien marché au mois de juin dernier, ils avaient fait 8 millions de téléspectateurs. Nous en préparons six. Nous avons d’autre part une nouvelle série qui a démarré et qui s’appelle «Camping paradis» sur TF1 avec Laurent Ournac. Nous venons d’en tourner un deuxième et d’autres sont prévus pour le début d’année prochaine. Sur TF1, nous développons une nouvelle série policière qui n’a pas encore de titre définitif. Pour l’instant nous l’appelons «Sang pour sang». C’est une série qui se déroule à Paris. Nous avons essayé d’être différents de ce qui s’est fait jusqu’à présent. Pour TF1 toujours, nous préparons un programme court intitulé «Dieu», avec Cauet. C’est une co-production entre Be Aware et nous. Cauet y joue le rôle de Dieu. Sur France 3, nous préparons la sixième saison de «SOS 18» que nous tournerons au mois de février. Nous produisons pour France O et pour RFO une télénovela française intitulée «La baie des flamboyants», que nous tournons actuellement en Guadeloupe où elle est déjà à l’antenne et où elle rassemble 61% de part d’audience. Cette fiction est également déjà diffusée en Martinique et dans les territoires de RFO. Il s’agit d’une adaptation totale d’une télénovela mexicaine qui s’appelait «Coligo postal». Je pense que la télévision fera de plus en plus appel à des produits de ce genre. Les chaînes ont besoin de programmes longs pour fidéliser le téléspectateur. Or, on ne peut pas fidéliser avec des programmes qui comptent 10 ou 15 épisodes. Il en faut au moins 100. Il faut créer des rendez-vous. Le meilleur exemple que l’on ait est «Plus belle la vie» qui s’est implanté au bout de plusieurs mois mais qui a fini par trouver son public. Avec France 2, nous n’avons rien. Je ne sais pas pourquoi ils ont arrêté «Vingt mille lieues sous les mers» qui était en développement. Ils ont arrêté tout ce que l’on avait avec eux. Je pense que nous avons un problème avec cette chaîne du service public, une incompatibilité avec Jean Bigot (Directeur de la fiction à France 2, ndlr).
média+ : C’est une question de politique éditoriale ?
Jean-Luc Azoulay : Ou de politique tout court. Ils arrêtent la série qui marche le mieux, «Le Tuteur», tout comme «Vingt mille lieues sous les mers», alors qu’il s’agit du plus patrimonial des programmes français. Cela m’étonne. Ils ont aussi arrêté la première série télévisée de Bernard Werber qui s’appelait «Les filles d’Eve». Je n’ai rien contre France Télévisions puisque nous n’avons aucun problème ni avec France 3 ni avec les autres, c’est uniquement contre France 2. Ils font 21% avec des répliques qui ont coûté des millions d’euros et ils sont contents.
média+ : Allez-vous privilégier le format 52′ pour vos fictions ?
Jean-Luc Azoulay : Je pense que cela dépend du type de la production que l’on fait. Quand c’est du policier, il est évident que le 52′ s’adapte mieux car il y a plus de rebondissements et cela va plus vite. Quand on fait de la comédie comme «Camping Paradis», c’est du 90′. Certains films sont mieux en 90 et d’autres en 52. Cela dépend du contenu, du rythme et de beaucoup d’autres choses. Si nous avons une histoire policière très dense, nous pouvons en faire un 90, mais si c’est une série, je pense que le 52 est plus adapté. Pour moi, le 52 colle plus aux comédies et aux unitaires.
média+ : Allez-vous avoir d’autres productions comme «Les rois maudits» ou «Les liaisons dangereuses» ?
Jean-Luc Azoulay : Nous avions «Vingt mille lieues sous les mers» qui pour l’instant est arrêté avec France 2, mais nous espérons trouver un autre diffuseur. En Italie, la RAI est avec nous, en Allemagne, c’est la Bavaria, en Espagne c’est la télévision catalane. Il y a aussi le Canada. Donc, nous avons quand même une co-production internationale très importante. Je pense que nous n’aurons pas trop de mal à trouver un autre diffuseur français.
média+ : Pensez-vous à TF1 ?
Jean-Luc Azoulay : Pourquoi pas. Je n’en ai pas encore parlé avec Takis Candilis.
média+ : Avez-vous d’autres idées de grande production ?
Jean-Luc Azoulay : Nous en avons d’autres mais je ne peux pas vous en parler car cela prend 2 ou 3 ans à développer. C’est long. Ces projets ne sont réalisables que lorsqu’on arrive à les monter à l’international. Il ne peut s’agir de projets franco-français.
média+ : Allez-vous vous positionner sur les nouveaux médias ?
Jean-Luc Azoulay : Pour l’instant c’est encore expérimental. Il existe une chaîne JLA sur You tube et il va y en avoir une sur Dailymotion. Nous faisons une chaîne sur la TNT en Ile-de-France. C’est notre politique de nouveaux médias. Je crois aussi beaucoup en la télévision mobile personnelle (TMP). Je pense que cela va marcher et se confondre avec la TNT. Les signaux vont se mélanger. Les décodeurs sont tellement plats maintenant, c’est simplement une puce. Déjà en Corée, les portables qui sortent ont la double puce (la puce mobile et la puce TNT).
média+ : Songez-vous à produire des programmes pour ce nouveau support dans l’avenir ?
Jean-Luc Azoulay : Absolument ! La télénovela est un programme formidable pour la TMP. Nous produisons aussi en expérimental avec Carlos «Les blagues de Carlos». Cela va passer sur IDF1. Mais ce sont des choses que l’on peut vendre à beaucoup de médias. C’est tellement vaste que nous avons des problèmes de choix pour Internet. Nous sommes justement entrain de choisir ce que nous allons faire.
média+ : Où peut-on vous attendre ces prochaines années ?
Jean-Luc Azoulay : Partout où il y a de la production à faire car nous aimons la production, nous aimons créer des concepts, des programmes aussi bien en fiction, en flux, en variété…
Nous préparons par exemple une émission spéciale de variétés en solidarité avec le Darfour et qui sera diffusée l’année prochaine sur France 2.
média+ : Quels sont les programmes que nous retrouverons sur votre chaîne IDF1 sélectionnée par le CSA pour la TNT en Ile-de-France?
Jean-Luc Azoulay : Il s’agit d’une chaîne familiale et donc les programmes suivront le rythme de la famille. Il y aura des dessins animés, des séries, des télénovelas, des sitcom, …et de nombreux animateurs. La chaîne sera itinérante. Elle se baladera dans toutes les villes de la région parisienne. Chaque jour ou chaque semaine, nous serons en duplex ou en direct d’une ville de région parisienne. Nous assisterons aussi au retour de Dorothée le samedi pour une grande émission qui s’appellera «Dorothée !». Il y aura une partie le matin avec des chroniques, des rubriques et un talk show durant lequel elle recevra des invités. La seconde partie sera en direct d’une ville de région parisienne que l’on mettra au défi.
média+ : Allez-vous rediffuser les sitcom comme «Hélène et les garçons», «Premier baiser»… ?
Jean-Luc Azoulay : Aujourd’hui, je ne sais pas encore. Nous avons une forte demande dans le courrier que l’on reçoit. Si on le fait, on les rediffusera de façon originelle, c’est-à-dire un épisode par jour dans l’ordre.
média+ : Quelle est la cible ?
Jean-Luc Azoulay : Ce sont les ménagères de moins de 50 ans qui ont des enfants.
média+ : Quelles seront les autres têtes d’affiches de la chaîne ?
Jean-Luc Azoulay : Pour l’instant nous y travaillons. Nous faisons un casting d’animateurs. Il y a probablement une partie de l’équipe d’«Hélène et les garçons» qui aura également une émission. Le budget annuel de la chaîne est aux alentours de 8 millions d’euros. Nous commencerons à émettre début janvier sur le canal 22 de la TNT.
Société de Production : JLA Productions
• Les Dirigeants:
Jean-Luc Azoulay, P.-D.G.
• Date de création : 1999
• Coordonnées :
7 rue des Bretons
9320 la plaine St denis
• Activités principales :
TV fiction
• Les productions :
«Navarro» (TF1); «Brigade Navarro» (TF1); «Camping paradis» (TF1); «sang pour sang»; «SOS 18» (France 3); «Le tuteur» (France 2)…



































