La justice française se prononcera le 3 mars sur la demande de Dakar d’extrader Madiambal Diagne, patron de presse sénégalais critique du pouvoir de son pays, a indiqué mardi le parquet général de Versailles, à l’issue d’une nouvelle audience. La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Versailles avait demandé en novembre de plus amples informations au Sénégal sur la procédure et le régime juridique, et les réponses de Dakar ont été débattues à huis clos mardi. «Les autorités sénégalaises échouent irréfutablement à apporter des éléments de nature à crédibiliser leur demande d’extradition», assure l’avocat de M. Diagne, Me Vincent Brengarth. En septembre, les autorités sénégalaises avaient émis un mandat d’arrêt international contre le patron de presse. Ce dernier, qui avait été convoqué dans le cadre d’une enquête portant sur de présumées transactions financières suspectes, avait quitté le territoire sénégalais pour la France fin septembre. La justice sénégalaise lui impute «des infractions à caractère financier, escroquerie et blanchiment, à l’occasion de contrats passés entre deux sociétés et avec l’Etat sénégalais», avait précisé la cour d’appel de Versailles dans un communiqué en novembre. Depuis la demande d’informations complémentaires, la ministre sénégalaise de la Justice Yassine Fall a indiqué le 12 décembre «suspendre toute extradition vers la France jusqu’à ce que la France réponde». «M. Madiambal (Diagne) est poursuivi pour des faits délictuels et non criminels. C’est une énorme différence (avec) nos demandes d’extradition qui portent principalement sur des crimes de sang ou des trafics en lien avec la criminalité internationale», avait souligné l’ambassadrice de France au Sénégal Christine Fages dans un interview avec la radio publique sénégalaise quelques jours plus tard. Un commentaire qualifié de «forme d’ingérence» par un communiqué du ministère sénégalais de la Justice. «La tentative de faire pression sur les autorités françaises en menaçant la réciprocité était déjà l’aveu de la vacuité du dossier et de son caractère politique», dénonce pour sa part Me Brengarth.



































