RSF dénonce l’arrestation en Chine du journaliste Liu Hu pour ses enquêtes anticorruption

RSF dénonce l’arrestation en Chine du journaliste Liu Hu pour ses enquêtes anticorruption

Reporters sans frontières (RSF) a condamné mardi l’arrestation d’un journaliste d’investigation chinois réputé, Liu Hu, après la publication d’un article dénonçant la corruption de responsables locaux. Liu Hu s’était fait connaître il y a plus de dix ans pour ses enquêtes sur la corruption au sein du Parti communiste chinois et du gouvernement.

La police de Chengdu, dans le sud-ouest de la Chine, a annoncé lundi soir l’arrestation de deux hommes, Liu (50 ans) et Wu (34 ans), faisant l’objet d’une enquête pour suspicion de diffusion de «fausses accusations» et d’»activités commerciales illégales». Les deux hommes ont été placés en détention, a ajouté la police qui n’a communiqué que les noms de famille des deux hommes. Selon plusieurs médias chinois et RSF, il s’agit de Liu Hu et de Wu Yingjiao, qui est également journaliste.

«Cette affaire illustre à quel point la Chine est devenue restrictive et hostile envers le journalisme indépendant», a déclaré Aleksandra Bielakowska, responsable à RSF à Taipei, dans un communiqué. «Quiconque ose enquêter sur les malversations du régime chinois est rapidement persécuté par les autorités», a-t-elle ajouté. Les deux journalistes ont récemment publié en ligne un article accusant Pu Fayou, secrétaire du Parti communiste du comté de Pujiang dans la province de Sichuan, et d’autres responsables locaux de corruption. L’article, qui était intitulé «le secrétaire du Parti du comté du Sichuan qui a dans le passé poussé un professeur à la mort dirige désormais des entreprises d’investissement à la faillite», a disparu sur le compte WeChat public associé à Liu Hu. Liu avait déjà été arrêté en 2013 pour diffamation présumée, mais les charges ont ensuite été abandonnées.

Une capture d’écran d’une conversation par SMS entre Liu Hu et une personne se présentant comme étant membre de la Commission de contrôle disciplinaire de Chengdu, organisme chargé d’enquêter sur les allégations de corruption et de malversations, a circulé en ligne depuis l’arrestation du journaliste. Le message rappelait à Liu Hu la nécessité de porter plainte via les procédures légales. L’article en question «n’était ni une dénonciation ni une pétition, votre rappel est donc inutile», aurait rétorqué le journaliste dans une réponse qui lui a été attribuée. La Chine occupe la 178e place sur les 180 pays dans le classement mondial de la liberté de la presse de RSF. Elle est actuellement le pays qui emprisonne le plus de journalistes au monde, selon RSF.

«Sous la direction de Xi Jinping, le contrôle de l’information s’est renforcé jusqu’à atteindre des niveaux quasi totalitaires, les journalistes indépendants étant considérés comme une menace pour l’Etat», a souligné Mme Bielakowska.

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