F. MOGET (Paramount Pictures France) : « L’année 2023 a été très bonne avec 12 millions de spectateurs pour nos films »

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Paramount Pictures France s’est imposée cette année sur le marché du cinéma français avec près de 12 millions d’entrées récoltées grâce à des franchises comme «Mission Impossible», «Pat’Patrouille», «Scream», «Transformers» mais aussi des nouveautés comme «Donjons et Dragons» ou «Babylon». Enjeux, défis, line-up … Comment la filiale française du studio américain compte-t-elle tirer son épingle du jeu en 2024 ? Entretien avec Frédéric MOGET, Directeur Général de Paramount Pictures France.

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Quel bilan stratégique dressez-vous autour des films opérés par Paramount Pictures France ?

FRÉDÉRIC MOGET

L’année 2023 a été très bonne pour notre entreprise, avec environ 12 millions de spectateurs pour nos films. Bien que je sois conscient que le succès d’un long-métrage ne présume pas de celui du prochain, nous avons eu la chance de dépasser nos attentes pour chaque film, atteignant 1,5 million de spectateurs en moyenne. Toutefois, ce chiffre varie selon les sorties car ils ne visent pas tous le même public ni les mêmes résultats.

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Avez-vous renforcé la stratégie marketing autour de la valorisation des films ?

FRÉDÉRIC MOGET

Dans un marché où le public est très sollicité, nous nous efforçons de générer des idées innovantes pour nous démarquer. Depuis deux ans, notre direction marketing, dotée d’une grande créativité et dynamisme, contribue efficacement à cette démarche. Nous nous efforçons également d’optimiser les synergies avec le reste du groupe, récemment avec «Pat’ Patrouille» et bientôt avec «Sonic». Alors que le troisième opus sortira fin 2024, une série dédiée au personnage de Knuckles et destinée au streaming est en préparation. Nous prenons cela comme des opportunités stratégiques. Plus nous renforçons la connexion entre le spectateur et nos franchises, plus le succès est au rendez-vous.

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La reprise des entrées de cinéma en France est-elle significative ?

FRÉDÉRIC MOGET

Oui, c’est vraiment une bonne nouvelle. Nos performances sont revenues à des niveaux similaires à ceux d’avant la crise. Tout en gardant une vue d’ensemble sur le marché, nous avons remarqué une augmentation des entrées pour certaines de nos franchises par rapport à leurs épisodes précédents. Par exemple, «Scream 6» a eu plus de succès que le cinquième opus. De même, «Pat’ Patrouille», qui avait attiré un peu moins de 1,5 million de spectateurs il y a deux ans, a rassemblé près de 2,5 millions de spectateurs pour le film sorti le 11 octobre avec les voix de Sofia Essaïdi, Marianne James et Aldebert, soutenu par une opération marketing d’ampleur. Enfin, entre les épisodes de la série à la télévision, sur les plateformes, les produits dérivés et l’entrée des personnages au Musée Grévin, la franchise occupe une place croissante dans le monde des enfants.

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Voir les choses en grand sur chacun de vos films, est-ce important ?

FRÉDÉRIC MOGET

Nous cherchons à exploiter toutes les opportunités, même les plus modestes, pour atteindre les spectateurs potentiels que nous avons identifiés.

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Quels sont les défis spécifiques du marché cinématographique que vous affrontez ?

FRÉDÉRIC MOGET

Notre concurrence, ce ne sont pas simplement les autres films à l’affiche, mais plutôt la façon dont le public choisit de passer son temps libre. Comment les Français décident-ils d’utiliser ce temps ? Il est crucial de les inciter non seulement à choisir un film spécifique, mais aussi à se rendre rapidement en salle. Aujourd’hui, les gens ne se demandent plus aussi spontanément «Quel film vais-je voir cette semaine ?». Ainsi, le défi de les motiver à se rendre au cinéma est plus grand.

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Comment les tendances de consommation évoluent-elles ?

FRÉDÉRIC MOGET

Les spectateurs ont tendance à aller voir moins de films chaque année. Les choix sont plus spécifiques même si l’envie de cinéma est toujours présente. Il est également avéré que les spectateurs qui consomment le plus de contenus audiovisuels (films et séries) sont aussi ceux qui vont le plus au cinéma.

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Que retenir de votre line-up en 2024?

FRÉDÉRIC MOGET

Parmi nos gros événements, le biopic sur Bob Marley le 14 février. C’est un artiste qui reste intemporel. Son film met en lumière, entre autres, l’importance de Rita Marley, la femme de l’artiste, et le rôle clé qu’elle a joué dans sa vie et sa carrière. Il y aura ensuite «Blue & Compagnie» avec Ryan Gosling courant mai. Une autre grande partie de nos autres films sortira sur la fin d’année : «Smile 2» le 16 octobre, «Transformers 1» le 23 octobre, et le très attendu «Gladiator 2» le 20 novembre.

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Paramount Pictures France soutient-il le cinéma français et les talents locaux ? 

FRÉDÉRIC MOGET

En tant que studio américain, nous soutenons le cinéma français avec chacun de nos succès, car la taxe prélevée sur chaque billet vendu contribue au financement du cinéma français. Bien que nous soyons ouverts à la coproduction de films français, nous n’avons pas eu de telles opportunités récemment. Cependant, nous collaborons fréquemment avec des acteurs français, en particulier dans le domaine de l’animation. L’un des exemples est notre travail sur «Ninja Turtles», où nous avons fait équipe avec des artistes français tels que Fianso, Gérard Darmon, Audrey Lamy, Jérôme Niel, Marc-Antoine Lebret ou encore Monsieur Poulpe. Idem pour «Pat’ Patrouille» avec Sofia Essaïdi.