Des centaines de curieux se sont pressés tout le week-end devant la maison où une adolescente a été tuée et violée par son oncle dans le sud de l’Italie, une affaire à rebondissements hyper médiatisée dont les protagonistes hantent les écrans de la télévision depuis des semaines.
Les grands quotidiens italiens s’interrogaient lundi sur cette foule de badauds venus en famille, souvent avec enfants, juste pour apercevoir à travers la grille d’entrée la villa cossue de l’agriculteur Michele Misseri et le fameux garage où il dit avoir étranglé sa nièce, Sarah. «Les touristes du dimanche sur les traces de Sarah», titre le journal à plus grand tirage Corriere della Sera tandis que Repubblica dénonce «l’horror show de Avetrana (le village des Pouilles où s’est déroulé le drame, ndlr): des centaines de voitures font la queue, la protection civile doit intervenir». La Stampa publie en Une, une grande photo du défilé des curieux, et un éditorial sur ces «monstres venus assiéger la maison du monstre», Misseri, qui a avoué après 42 jours de suspense. Les badauds ont revêtu leurs vêtements du dimanche, «de fête mais ont les chaussures crottées de boue», souligne l’éditorialiste Cesare Martinetti, «parce qu’ils sont déjà passés au cimetière et au puits où pourrissait le corps de Sarah». «Dehors, les monstres veulent aussi entrer dans l’histoire et dans la télé. Ils photographient la sonnette de la famille Misseri, se photographient entre eux», explique-t-il.
Depuis la disparition de l’adolescente fin août, cette affaire a été suivie pas à pas par les médias : la mère a appris la mort de sa fille en direct lors d’une émission de télé-réalité, et tant l’oncle que sa fille ont multiplié les interviews… avant d’être arrêtés par la police.



































