Plus de 220.000 fans de mangas, cosplay et J-pop sont attendus de jeudi à dimanche au 25e Japan Expo, le principal rendez-vous de la pop culture japonaise en France, qui rassemble désormais plusieurs générations. «Cette culture a infusé en France à un point qu’on ne pouvait imaginer il y a 25 ans», se félicite Thomas Sirdey, le directeur de Japan Expo.
Au début des années 2000, avec quelques amis étudiants, il crée un petit festival à Paris qui rassemble 2.500 passionnés du «pays du soleil levant». «A l’époque, c’était difficile: les dessins animés japonais n’étaient pas très bien vus, ils étaient considérés comme de la sous-culture», se rappelle-t-il. Un quart de siècle plus tard, «la culture japonaise est largement acceptée et reconnue» en France, devenue l’une de ses places fortes à l’étranger. Et Japan Expo se présente comme le troisième salon français, après ceux de l’automobile et de l’agriculture, en ayant accueilli 220.000 visiteurs en 2025 sur quatre jours dans l’immense Parc des expositions de Paris-Nord Villepinte. Ses visiteurs ont en moyenne 27 ans, avec autant de femmes que d’hommes, qui sont attirés par l’éclectisme de la programmation proposée par 1.100 exposants autour des mangas, des animes, des jeux vidéo, de la musique, des arts martiaux, du catch ou de l’art de vivre à la nippone. Le spectacle est aussi dans les allées du festival, où se croisent les communautés de cosplayers, ces fans qui portent le déguisement des héros de leur série ou jeu vidéo préféré, de Hello Kitty à One Piece en passant par Demon Slayer ou League of Legends. «Le cosplay fait partie de l’ADN de Japan Expo. Les rassemblements ne sont pas du tout contrôlés par le festival mais organisés par les fans. Par exemple, ceux qui aiment Naruto décident de se retrouver tel jour, à telle heure, à tel endroit. Et, du coup, c’est souvent spectaculaire avec plein de gamins déguisés», témoigne Thomas Sirdey.
Plus surprenant, l’une des vedettes du festival est une Française de 70 ans, Brigitte Lecordier, souvent présentée comme «l’ambassadrice de la culture japonaise en France». Cette comédienne est devenue extrêmement populaire en étant la voix française de Son Goku, le héros du dessin animé Dragon Ball, à partir de 1988.
«J’ai fait partie du monde des jeunes téléspectateurs, je les ai aidés à grandir et ils se sont attachés à ma voix très reconnaissable», explique-t-elle. «Dans les années 90, lorsque je disais que je travaillais pour les dessins animés japonais, on me boudait. Plus du tout maintenant», confie Brigitte Lecordier, qui présentera une BD sur sa jeunesse, «La réalité est énorme» (Dupuis), et participera à une conférence sur le retour de la licence Doraemon en France.
Le festival consacre aussi une exposition à Baki, un manga d’arts martiaux écrit par Keisuke Itagaki, qui connait un énorme succès depuis sa création il y a 35 ans. Par ailleurs, l’éditeur Glénat distribuera gratuitement l’album «Entre nos mains», un manga réalisé en partenariat avec l’Institut national du cancer (INCa) pour sensibiliser les jeunes aux comportements à risque pouvant favoriser l’apparition de cancers. Le manga est un bon vecteur pour «rendre les messages de santé plus accessibles en s’adaptant aux codes et aux usages des nouvelles générations», explique Nicolas Scotté, directeur général de l’Institut.






























