Jean-Noël Barrot nommé ministre délégué à la Transition numérique et aux Télécommunications

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«Sérieux» et «plutôt réservé», le député MoDem Jean-Noël Barrot, nommé lundi ministre délégué à la Transition numérique et aux Télécommunications, est un pur produit du centrisme, dans le sillage de son père, l’ancien ministre et commissaire européen Jacques Barrot. Peu connu du grand public, Jean-Noël Barrot, 39 ans, est spécialiste de questions budgétaires parfois arides et secrétaire général du MoDem. 

En 2021, il avait sillonné la France pour les besoins d’un rapport remis à Matignon sur la sortie de crise et le «rebond économique» post-Covid dans les territoires en difficulté. Diplômé de HEC, où il a ensuite enseigné, ainsi qu’au MIT à Boston, Jean-Noël Barrot s’était fait élire député des Yvelines en 2017 sous l’étiquette MoDem. 

Sa victoire aux législatives avait eu un goût de revanche pour celui qui, malgré un mandat de conseiller départemental, avait en partie échoué à s’implanter en Haute-Loire, dans le fief familial où son père et son grand-père furent députés. Les ambitions de l’enfant légitime avaient en effet été contrariées par celles du fils spirituel Laurent Wauquiez, mis en selle au début des années 2000 par Jacques Barrot, ancien ministre de Valéry Giscard d’Estaing et Jacques Chirac, devenu commissaire européen. L’économiste a depuis pris ses marques dans le mouvement centriste de François Bayrou. 

A l’Assemblée, ce vice-président de la commission des Finances durant cinq ans est intervenu régulièrement sur l’évaluation des politiques publiques. «Il est plus réservé que «techno»», dit de lui le député MoDem Jean-Louis Bourlanges qui en «pense beaucoup de bien». 

«Il était assez intimidé dans ses 1ères prises de parole mais il a pris beaucoup d’assurance», poursuit le centriste. A l’Assemblée, Jean-Noël Barrot, qui «vient de la droite mais a toujours eu le coeur à gauche», a notamment plaidé pour une réflexion sur le «revenu universel d’activité», pas celui défendu par l’ancien candidat socialiste à la présidentielle Benoît Hamon mais plutôt un socle qui viendrait fusionner les aides sociales existantes. Il est marié à une sage-femme et a 2 enfants. «La musique baroque, c’est mon péché mignon», dit aussi ce flûtiste et violoniste qui avait été réélu député en juin avec 64,3% des suffrages face à une candidate Nupes.