L. BACHMAN (PFDM) : « Dans nos métiers, on dénombre seulement 20% de femmes expertes invitées dans les médias »

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L’association PFDM (Pour Les Femmes dans les Médias) a mobilisé une nouvelle fois l’ensemble de la profession audiovisuelle à l’occasion de la signature, le 09 mars 2022, de «La Charte : Parité mode d’emploi». L’occasion pour média+ de revenir sur la charte et les propositions avec Laurence BACHMAN, co-présidente PFDM, et Françoise MARCHETTI, secrétaire générale et trésorière PFDM.

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L’association PFDM est à l’origine de «La Charte : Parité mode d’emploi». Qu’en est-il ?

Laurence BACHMAN

Pour que les choses changent durablement, nous, cheffes et chefs d’entreprises, nous engageons à changer les mentalités. Le mercredi 09 mars 2022, au ministère de la Culture, nous nous sommes réunis pour signer «La Charte : Parité mode d’emploi». Cette dernière a pour vocation de proposer des idées pragmatiques et faciles à mettre en place afin de tendre rapidement vers une plus grande parité Femmes/Hommes dans les entreprises. Ces propositions sont issues d’un travail collaboratif avec un grand nombre de sociétés et d’institutions travaillant dans l’audiovisuel.

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Qui sont les signataires de cette charte ?

Françoise MARCHETTI

47 acteurs du secteur ont signé «La Charte : Parité mode d’emploi». Il s’agit de ALP, Amazon, Animfrance, Arte France, Audiens, Believe, BETC/Havas, Canal+, Canneseries, Disney, Écran Total, Elephant, Endemol, Fédération, Festival de la fiction de la Rochelle, Fipadoc, France Medias Monde, FranceTV, Fremantle, INA, LCP, Le Monde, M6, Marie Claire, Mediawan, Morgane, Netflix, Newen, NRJ, Prisma Media, Public Senat, Radio France, Robin & Co, RX Global, SACD, SCAM, Series Mania, Sony Music France, Spect, SPI, Sybel, TF1, TV5Monde, USPA et Webedia.

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Quelles sont les propositions  à retenir ?

Laurence BACHMAN

Cette charte reprend une vingtaine de solutions. Nous pouvons en évoquer quelques-unes comme le congé paternité en miroir au congé maternité, la création de comités exécutifs et/ou des comités de direction paritaires, la mise en place d’un entretien systématique lors de la démission de femmes, une rémunération des expertes pour qu’elles se sentent légitimes, ou encore, à l’instar des sociétés américaines, la prise en charge d’alternants dans les métiers sous représentés pour le compte des sociétés de productions. Les entreprises peuvent aussi procéder à un audit internet pour faire un état des lieux transparent de l’entreprise afin de calculer la part des femmes responsables de service, contrôler annuellement les écarts de rémunération ou encore mettre en place des objectifs et un plan d’actions concerts sur 3 ans pour atteindre la parité. Attention, nous n’avons pour objectif ou mission de réguler ces propositions.

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Concernant la parité, quelle est la situation aujourd’hui en France dans les médias ?

Françoise MARCHETTI

En France, il y a plus de femmes que d’hommes (52% vs 48%). Plus spécifiquement, dans nos métiers, on dénombre seulement 20% de femmes expertes invitées dans les médias pour commenter l’actualité, et lorsqu’elles sont sur les plateaux, elles bénéficient toujours de moins de temps de parole que les hommes. De plus, les grilles d’été des radios se remplissent de femmes journalistes, éditorialistes ou chroniqueuses mais à la rentrée les choses sérieuses recommencent et les hommes reviennent aux manettes des émissions. Enfin, 95% des femmes interrogées par l’Union des Marques regrettent l’image sexualisée et stéréotypée représentée dans les médias, les films et les publicités. Et 83% pensent que l’homme est en revanche très valorisé.