La LFP envisage de lancer sa propre chaîne pour la Ligue 1 face à l’absence de diffuseur 

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Toujours en quête d’un diffuseur pour la saison prochaine, la Ligue de football professionnel a détaillé vendredi les contours de la chaîne dédiée à la Ligue 1 qu’elle est prête à lancer, au cours d’un conseil d’administration beaucoup moins serein que les précédents. 

Faute pour l’heure d’une autre solution, Vincent Labrune, le président de la LFP, en première ligne dans le dossier brûlant des droits TV de la Ligue 1, et Benjamin Morel, le directeur général de la société commerciale, ont détaillé aux membres du conseil leur plan B pour que la saison 2024-25 du championnat ne débute pas sur un écran noir le 16 août prochain. Cette chaîne dédiée, qui pourrait être portée par beIN Sports, interlocuteur privilégié de la LFP sur le dossier, s’appuierait sur des distributeurs non-exclusifs: les quatre fournisseurs d’accès à Internet (FAI) Free, Bouygues, SFR et Orange, que la Ligue démarche depuis des mois, ainsi qu’Amazon Prime Video, le diffuseur principal des trois dernières saisons, ou Molotov TV, un distributeur de chaînes par Internet, a détaillé une seconde source. La plateforme britannique DAZN, seul acteur à avoir formulé une offre à la LFP pour ses droits TV – une offre de l’ordre de 500 millions d’euros annuels, jugée insuffisante et rejetée par la Ligue -, pourrait aussi être l’un de ces distributeurs. 

Toutes les options ouvertes : Se disant ouvert à toutes les autres alternatives, Vincent Labrune a rappelé aux membres du conseil d’administration, ainsi qu’aux deux représentants en France de CVC – le fonds qui a apporté 1,5 milliard à la Ligue contre environ 13 % de ses recettes commerciales – que ce projet de chaîne était «prioritaire», ont encore rapporté les sources proches de l’instance. «Qu’on la fasse nous ou avec beIN Sports, de toute façon, on va faire cette chaîne», a notamment affirmé le président de la LFP à son conseil d’administration, convaincu que ce projet va dans le sens de l’histoire. Il fait pourtant naître chez quelques présidents de club, notamment Waldemar Kita (Nantes) ou Pierre-Olivier Murat (Rodez, en Ligue 2), des inquiétudes sur leur trésorerie étroitement liée à la manne générée par les droits TV. Un premier versement doit être effectué en septembre, mais pour l’heure la Ligue, sans diffuseur ni garantie financière, ne peut le garantir. Tous espèrent secrètement voir finalement Canal+, le diffuseur historique du football français, venir enfin s’asseoir à la table des négociations. Idéalement, la LFP souhaitait créer une chaîne 100% Ligue 1 portée par beIN et distribuée exclusivement par Canal+ pour près de 700 millions d’euros annuels. Mais la chaîne cryptée assure qu’un tel projet ne lui a jamais été présenté, ni par la Ligue, ni par beIN avec laquelle elle a des accords de distribution. Vincent Labrune et Maxime Saada, le patron du groupe Canal+, devaient se voir mardi mais le rendez-vous a été annulé à la dernière minute par le président de Canal, courroucé par des propos de Vincent Labrune parus le jour même dans le journal Le Monde. Mais l’idée d’un rapprochement entre les deux entités germe et semblerait rassurer les présidents de club, comme ils l’ont publiquement évoqué lors de leur audition jeudi devant la commission d’enquête du Sénat sur la financiarisation du football français où le dossier des droits TV occupe l’essentiel des débats.