L’acquittement en appel d’anciens responsables de Siemens en Grèce suscite colère et circonspection

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L’acquittement en appel d’anciens responsables de Siemens en Grèce, dont l’ex-patron de la filiale locale du groupe allemand, poursuivis dans le cadre de l’une des plus grosses affaires de corruption du pays, a suscité mardi colère et circonspection.

Le quotidien de gauche Documento évoquait «une provocation» avec ce jugement rendu par une cour athénienne, tandis que le «Journal des rédacteurs» (centre gauche) ironisait en titre: «Tous innocents!».

«Acquittement pour Siemens, acquittement pour Novartis (une autre affaire de versements de pots-de-vin actuellement devant les tribunaux) (…) Le gouvernement, le parlement, la justice et les médias fonctionnent parfaitement!», s’est emporté le député européen Dimitris Papadimoulis, élu de Syriza (gauche radicale, principal parti d’opposition), dans un tweet.

Une cour criminelle a acquitté lundi 20 personnes condamnées en 2019 en première instance à 15 ans de prison pour corruption, dans une affaire de contrats gonflés conclus entre Siemens et la compagnie de téléphonie publique grecque OTE pour la modernisation du réseau téléphonique dans les années 1990.

La plupart d’entre elles sont d’anciens responsables de Siemens et l’acquittement a été prononcé essentiellement en raison des délais de prescription.

Une commission d’enquête parlementaire avait estimé en 2011, au moment où la Grèce était plongée dans une grave crise financière, que ces contrats frauduleux avaient coûté environ deux milliards d’euros au pays.

Cette vaste affaire aux multiples ramifications avait impliqué des responsables politiques de gauche (Pasok) et de droite (Nouvelle Démocratie) qui ont tour à tour gouverné à la fin des années 1990.

Principal accusé dans ce scandale, l’ancien patron de Siemens en Grèce, Michalis Christophorakos, n’a jamais comparu en justice.

Il s’était enfui en Allemagne au début de l’enquête. «C’est ça alors la justice?

Une machine à laver (qui) blanchit Christophorakos et les autres accusés!», ironisait un internaute grec dans un tweet.