L’action du groupe de télévision Sky s’envole à la Bourse de Londres, dopée par l’offre de Comcast

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L’action du groupe de télévision Sky s’envolait lundi à la Bourse de Londres, dopée par l’offre rehaussée du géant américain Comcast qui propose 30 milliards de livres pour l’acquérir et boucler un feuilleton de 2 ans. Lundi matin, Comcast a publié sa nouvelle offre ferme de 17,28 livres par action Sky, fixée à l’issue d’un processus d’enchères exceptionnel organisé pendant le week-end au Royaume-Uni et qui a vu l’offre de Comcast largement dépasser la proposition concurrente de 21st Century Fox (15,67 livres). L’offre de Comcast valorise Sky au niveau sans précédent de 30,6 milliards de livres (34 milliards d’euros). Résultat, le titre Sky décollait de 8,71% vers 10h30 GMT, atteignant 17,23 livres, un niveau proche de l’offre de Comcast que nombre d’actionnaires devraient accepter. «Les actionnaires de Sky sabrent le champagne après les enchères de ce week-end qui valorisent l’entreprise à des niveaux inédits», a expliqué Rebecca O’Keeffe, analyste chez interactive investor. Ce prix élevé «donne une idée de la pression subie par les médias traditionnels» comme Comcast. En achetant le géant européen de la télévision Sky, présent dans 5 pays (Royaume-Uni, Irlande, Allemagne, Autriche et Italie), Comcast sort de son pré-carré américain mais veut aussi renforcer sa force de frappe pour contenir les assauts des plateformes de diffusion en ligne comme Netflix et Amazon. Le prix proposé par Comcast a de grandes chances d’être le prix final qui mettra un terme à un feuilleton de deux ans autour de l’acquisition du groupe britannique Sky. Le géant américain 21st Century Fox de la famille Murdoch, qui en possède 39% actuellement, avait lancé les hostilités à la fin 2016 en lançant une offre d’acquisition. L’action Sky cotait moins de 8 livres au moment où Fox est sorti du bois à l’époque pour tenter d’acheter les parts du groupe britannique qu’il ne possédait pas encore. Fox a néanmoins vu ses velléités discutées par les autorités britanniques qui ont froncé les sourcils quant à la perspective de voir réunies sous le même toit la chaîne d’information Sky News de Sky et les quotidiens «Times» et «Sun» de la famille Murdoch. Puis Comcast est entré dans la danse au début 2018 en proposant une offre concurrente. Face à une situation devenant confuse pour les actionnaires de Sky, le régulateur des fusions britanniques a organisé ce week-end une procédure d’enchères rarissime qui a vu Comcast mettre davantage d’argent sur la table que Fox, et valoriser le groupe britannique bien au-dessus du cours de clôture de son action vendredi, 15,85 livres. A l’issue de cette enchère à l’aveugle, tenant d’une véritable partie de poker, Comcast est sorti gagnant et devrait, à moins d’un nouveau coup de théâtre très peu probable, empocher la mise en avalant le groupe Sky. L’américain, qui possède déjà le studio Universal et les chaînes de télévision américaines NBC et CNBC, doit néanmoins parvenir à acheter la majorité des titres Sky après de ses actionnaires, qui ont jusqu’au 11 octobre pour se prononcer, y compris 21st Century Fox qui a dit «étudier les options disponibles» pour sa part de 39%. Pour le PDG de Comcast, Brian Roberts, ce succès constitue une revanche sur Bog Iger, le PDG de Disney, qui lui avait soufflé le contrôle des principaux actifs de 21st Century Fox, à propos duquel une bataille distincte – et encore plus coûteuse – a trouvé son épilogue cet été aux États-Unis. Car derrière les épaules de Fox et des Murdoch, c’est bien Disney qui se trouvait à la manoeuvre samedi lors d’enchères qui ont mobilisé, et enrichi, de nombreux banquiers d’affaires de la City de Londres. Fort de 23 millions d’abonnés, Sky est l’un des opérateurs de tv les plus puissants d’Europe avec outre Sky News, les droits de la lucrative Premier League de football en Angleterre, ou encore la diffusion et la production de fiction.