Le CNC dévoile son étude Pourquoi les Français vont-ils moins souvent au cinéma ?

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Avec son étude Pourquoi les Français vont-ils moins souvent au cinéma ?, le CNC dévoile au Festival de Cannes les raisons de la difficile reprise de la fréquentation en salle, mais aussi des pistes de progrès. Après 300 jours de fermeture des salles, du 15 mars au 21 juin 2020 puis du 30 octobre 2020 au 18 mai 2021 et deux mois après la levée des dernières restrictions sanitaires dans les cinémas, le 14 mars 2022, cette étude inédite, réalisée sur un panel de 1176 Français, permet d’identifier les principales raisons de l’atonie persistante de la fréquentation et de mettre à jour simultanément les leviers possibles d’une reconquête du public. A titre préliminaire, le CNC rappelle que la France, avec une baisse de la fréquentation de 55% en 2021 par rapport à 2019 (et de – 28 %par rapport à 2017-2019 depuis le 19 mai 2021), reste le 1er pays européen en termes de fréquentation, notamment par comparaison avec le Royaume-Uni (-58%), l’Allemagne (-65%), ou l’Italie (-75%). L’étude fait ressortir en premier lieu que 48% des Français déclarent être revenus moins souvent ou plus du tout au cinéma depuis la réouverture des salles le 19 mai 2021.Plus précisément, l’étude confirme les constats dressés dès 2021, à savoir que les jeunes sont revenus plus facilement au cinéma que les 60 ans et plus et qu’une partie des actifs, les 25-59 ans, n’a pas renoué avec ses habitudes de fréquentation d’avant la crise sanitaire. L’étude fait également ressortir que cette baisse de la fréquentation est liée à une conjonction de facteurs, certains conjoncturels et d’autres plus structurels. Ainsi, les cinq principales raisons pour lesquelles les spectateurs déclarent aller moins souvent, ou plus du tout, au cinéma depuis la réouverture des salles, sont : pour 38% d’entre eux, une perte d’habitude d’aller au cinéma ; pour 36% d’entre eux, la perception du prix du billet ; pour 33% d’entre eux, le port masque; pour 26% d’entre eux, la préférence pour regarder des films sur d’autres supports ; et enfin pour 23% d’entre eux, le manque d’intérêts pour les films proposés. Les autres motivations, comme l’actualité anxiogène ou la préférence pour d’autres activités, sont sensiblement moins importantes. Surtout, l’étude met en lumière le fait que, si les raisons principales sont les mêmes pour l’ensemble des tranches d’âge, elles arrivent dans un ordre différent selon les catégories de la population : pour les 15-34 ans, c’est la préférence pour d’autres supports qui prévaut (36%) ; pour les 35-59 ans, c’est la perception de cherté du prix du billet qui tient la première place (46%) ; enfin, pour les 60 ans et plus, c’est la perte d’habitude qui est citée en premier lieu (51%). L’étude est également riche en enseignements sur les leviers d’action dont disposent les acteurs de la filière et les pouvoirs publics, lorsqu’elle analyse les motivations des spectateurs qui ont renoué avec l’habitude de fréquenter la salle de cinéma : c’est tout d’abord, tout simplement, l’envie de voir un film qui a prévalu (51%), suivie par le l’intérêt pour les conditions optimales de son, d’image et de confort offertes par la salle de cinéma (37%) ; sont citées immédiatement après l’envie de passer un moment collectif entre amis, en famille ou en couple (36%), puis celle de profiter d’un loisir qui fait sortir de chez soi et brise la routine du quotidien (34%). «La France demeure le 1er pays européen en termes de fréquentation et l’atonie constatée depuis la réouverture des salles n’est pas une fatalité ! Le cinéma ne disparaîtra jamais des salles! Les professionnels, avec l’appui du CNC, travaillent déjà aux moyens de faire revenir les spectateurs en salle de façon plus massive et l’étude que nous divulguons aujourd’hui est riche d’enseignements pour l’action», déclare Dominique Boutonnat, président du CNC.