Le CSA détaille ses recommandations pour les élections européennes

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Le CSA a détaillé ses recommandations pour les élections européennes des 25 et 26 mai 2019, marquant lundi le début de la période pendant laquelle le temps de parole des candidats doit être «équitable» à l’antenne. «Toutes les listes en présence doivent être traitées de façon équitable», a rappelé Roch-Olivier Maistre, le président du Conseil supérieur de l’audiovisuel, au cours d’une conférence de presse. 29 médias audiovisuels doivent désormais envoyer chaque semaine des relevés du temps de parole de chaque liste qui se déclare candidate aux élections européennes. Le Conseil publiera des compte-rendus chaque semaine, «pour sortir du ressenti des uns et des autres, et objectiver le débat», a expliqué Michèle Léridon, ex-directrice de l’information de l’AFP qui préside le groupe de travail «Droits et libertés, pluralisme et déontologie» au CSA. Le Conseil pourra user de son pouvoir de sanction graduel s’il constate de lourds déséquilibres. Les médias et le CSA devront déterminer le poids des listes à partir de leur représentativité, notamment à l’aune des précédents scrutins, mais aussi de leur «capacité à animer la campagne». «Il y  un dialogue constant avec les éditeurs (télévisions et radios, ndlr) dans le souci d’éviter d’éventuels litiges», a souligné Michèle Léridon. Les interventions de personnalités européennes, comme par exemple un ministre étranger, sont prises en compte «dès lors qu’elles se traduisent par un soutien à une liste de candidats en France», souligne le CSA.Les débats, eux, relèvent de «la seule appréciation des éditeurs», mais «des mesures compensatoires doivent être prévues pour les candidats non invités», souligne le CSA. Le Conseil d’Etat a rappelé ce principe le 4 avril en s’opposant aux demandes de partis qui souhaitaient se faire inviter au 1er débat des européennes sur France 2, a souligné Roch-Olivier Maistre. «C’est une décision importante qui est venue confirmer que les règles que nous appliquons au Conseil sont les bonnes», a souligné le président du CSA. «Le respect des règles de pluralisme doit se concilier avec la liberté éditoriale qui appartient aux rédactions». Les déclarations du président de la République seront décortiquées selon qu’elles  dépendent de son autorité régalienne (non décomptées), qu’elles témoignent de son soutien à une liste (décomptées) ou qu’elle soient considérées comme une intervention dans le débat public. Dans ce dernier cas, elles rentreront dans le calcul classique des temps de parole hors élections. Par ailleurs, les services de télévision les plus regardés (dont l’audience moyenne annuelle dépasse 2,5%) sont tenus d’assurer l’accès des personnes sourdes ou malentendantes à l’ensemble des programmes consacrés à l’actualité électorale, par sous-titrage ou langue des signes.