Les SDJ de France 2 et France 3 dénoncent «un dangereux retour en arrière»

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    Les sociétés des journalistes de France 2 et de la rédaction nationale de France 3 estiment que la désignation du président de France Télévisions par l’exécutif, souhaitée par Nicolas Sarkozy, constituerait «un dangereux retour en arrière», mardi dans le quotidien «Libération». «La désignation directe du président de France Télévisions par l’exécutif porterait gravement atteinte à notre indépendance, donc à notre crédibilité», écrivent les SDJ des deux chaînes publiques dans une tribune intitulée «Ni pub mais soumise». «Alors que partout en Europe on cherche à distendre les liens entre la télévision publique et le gouvernement, la France fait le chemin inverse et revient vingt-cinq ans en arrière. Drôle d’exception culturelle!», jugent-elles. Elles dénoncent par ailleurs «un projet de financement bâti sur du sable» pour compenser la suppression annoncée de la publicité, avec notamment une taxe imposée aux opérateurs de télécommunications et aux fournisseurs d’accès à l’Internet. «Curieuse méthode que celle de Nicolas Sarkozy lorsqu’il met les mains dans le PAF: à la fois libérale au plan économique et autoritaire au plan politique», concluent les deux SDJ, selon lesquelles «sous le vernis de la modernité transpire l’archaïsme». De son côté, l’intersyndicale de l’audiovisuel public (SNRT-CGT, CFDT, CFTC, FO, SNJ, SUD, CSA, STITR, UNSA et SNJ-CGT) estime, dans un communiqué publié lundi, que «la suppression de la publicité voulue par le président de la République déstabilise toute l’économie de France Télévisions» et «met en péril le pluralisme de l’information et la diversité des programmes». Elle considère qu’il est «urgent de maintenir les ressources existantes» et que «l’augmentation progressive et équitable de la redevance doit être le socle du financement associée à d’autres ressources».